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Côte d’Ivoire : après la démission de Soro, son avenir politique en question

Par AFP

Guillaume Soro arrive à une rencontre extraordinaire au palais présidentiel d'Abidjan le 8 mars 20 © AFP

La démission de Guillaume Soro du poste de Premier ministre ivoirien, lui ouvre une voie royale vers la présidence de l'Assemblée nationale et pourrait faire de lui le dauphin constitutionnel estiment vendredi ses partisans et dénoncent ses opposants.

L’élection du président de l’Assemblée nationale ivoirienne, deuxième personnage de l’Etat et dauphin constitutionnel est prévue pour lundi prochain à Yamoussoukro, la capitale politique (centre).

Guillaume Soro, élu député de la circonscription électorale de Ferkéssédougou (nord), pourrait se présenter à ce scrutin, selon une source politique.

Jeudi, M. Soro et son gouvernement ont démissionné près de trois mois après les élections législatives de fin 2011. Une démission acceptée par le président ivoirien Alassane Ouattara qui a rendu un vibrant hommage à son "jeune frère".

"Il a brillamment occupé ce poste de Premier ministre", s’est félicitée Me Affousy Bamba, membre de l’ex-rébellion des Forces nouvelles (FN, en voie de dissolution), dont Soro est le chef.

"Il a démontré sa capacité à diriger. Je n’ai aucun doute qu’il ferait son travail, si demain il était élu président de l’Assemblée nationale", a affirmé à l’AFP Me Bamba, se présentant comme son "compagnon de lutte".

"Qu’il rende sa démission ou qu’il soit pressenti comme président du parlement, le plus important pour les Ivoiriens, est de retrouver la vraie démocratie, la sécurité et la réconciliation", souligne Alphonse Douati, un responsable du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo.

"Tout le reste n’est qu’un jeu de passe-passe entre copains ou on remplace Pierre par Paul", a-t-il poursuivi, déplorant un "calcul politicien". De Guillaume Soro, il retient surtout l’image de "père de la rébellion en 2002".

Le poste de Premier ministre avait été promis fin 2010 au Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) de l’ancien président Henri Konan Bédié dans une alliance politique avec le Rassemblement des républicains (RDR) du président Alassane Ouattara, lors du scrutin présidentiel de novembre 2010.

"Laissons le destin s’accomplir"

Le PDCI a donc salué cette démission, soulignant une "promesse tenue".

"Il est de notoriété publique que le président du PDCI (M. Bédié, NDLR) était préoccupé par la question et attendait que cette promesse se réalise", écrit le Nouveau Réveil, le quotidien du PDCI.

Les Ivoiriens ont élu le 28 novembre 2010 Alassane Ouattara mais ce sont les hommes de Guillaume Soro, plusieurs milliers de combattants de l’ex-rébellion des Forces nouvelles (FN) rebaptisés Forces républicaines (FRCI), qui ont chassé Laurent Gbagbo du pouvoir, avec l’appui décisif de l’ONU et de la France.

M. Soro avait alors été alors maintenu à son poste de Premier Ministre à la fin 2010 gardant le portefeuille de ministre de la Défense, en raison du contexte sécuritaire très trouble, avec pour mission première de ramener le calme.

Elu député sous la bannière du RDR qui a obtenu la majorité, M. Soro a justifié sa démission par le non cumul des mandats.
"Ma qualité de député ne me permet plus d’occuper des fonctions dans le pouvoir exécutif. C’est pourquoi je décide de rendre ma démission ainsi que celle du gouvernement que j’ai dirigé", a-t-il déclaré.

"Laissons le destin s’accomplir", a-t-il dit en quittant le palais présidentiel d’Abidjan au volant de sa voiture, sans garde de corps.
 

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