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Libye : les Toubous appellent l’ONU à faire cesser le « nettoyage ethnique »

Par AFP

De la fumée s'élève au-dessus de la ville de Sebha le 29 mars. © AFP

Le dirigeant des Toubous en Libye, Issa Abdelmajid Mansour, a fait état vendredi de nouveaux combats au sud de la ville libyenne de Sebha (sud), appelant les Nations unies et l'Union européenne à intervenir pour arrêter ce qu'il qualifie de "nettoyage ethnique des Toubous".

"Nous demandons de l’ONU et de l’Union européenne d’intervenir pour faire cesser le nettoyage ethnique des Toubous", a déclaré cet ex-opposant au régime de Mouammar Kadhafi, qui avait brandi récemment la menace séparatiste dans une déclaration à l’AFP.

Les combats qui opposaient depuis lundi des Toubous à des tribus arabes à Sebha ont fait 70 morts et 150 blessés, selon un bilan du gouvernement arrêté mercredi soir. Selon un source hospitalière, au moins huit personnes ont été tuées jeudi et sept autres corps ont été retrouvés.

Bombardements et combats

M. Abdelmajid Mansour a accusé vendredi les tribus arabes de Sebha d’avoir bombardé une centrale électrique alimentant plusieurs régions du sud, comme Qatroun et Morzouk, considérées comme des fiefs des Toubous. Les télécommunications ont été également coupées, a-t-il ajouté, faisant état de "plusieurs" personnes tuées vendredi parmi les membres de sa tribu.

Le chef de la sécurité nationale de la ville, Mohamed al-Ahwal, a confirmé le bombardement de la centrale, à la chaîne de télévision libyenne Libya Al-Ahrar.

Il a ajouté qu’une trêve de 24 heures, décidée la veille a été rompue à 11H30 (09H30 GMT), après que l’accord a été rejeté par les combattants des deux côtés. "Les combats violents ont repris depuis", a-t-il affirmé.

Selon Ridha Issa, membre d’une commission de réconciliation, la trêve a été rompue par les tribus de Sebha qui ont bombardé le quartier Tayouri des Toubous à l’artillerie lourde.

Des combattants de Sebha ont refusé par ailleurs de se retirer de la région de Ghodwa à 20 km au sud de Sebha, qui sépare des positions des Toubous et celles des tribus arabes, et de laisser la place à des "forces neutres" venues du Nord pur s’interposer entre les deux parties du conflit, a ajouté M. Issa.

Selon Suleimane Khalifa, un responsable local, "les combats sont quasi arrêtés" dans la ville, ajoutant que les forces des tribus arabes se sont dirigées vers le sud, entre Sebha et Morzouk.

Inquiétude de l’UE

L’Union européenne avait exprimé jeudi son inquiétude quant à la situation à Sebha, appelant "toutes les parties impliquées dans le conflit à la retenue".

Dans un déclaration, l’UE "exhorte le gouvernement à redoubler d’efforts pour que les parties impliquées déposent les armes et à assurer que les blessés puissent être soignés. Elle demande à ce que le calme revienne au plus vite à Sebha".

Les Toubous, à la peau noire, qui vivent à cheval sur la Libye, le nord du Tchad et du Niger, sont impliqués depuis février dans des affrontements meurtriers avec des tribus locales du sud de la Libye, notamment à Koufra et Sebha.

Ils sont accusés par les autres tribus de compter dans leurs rangs des combattants étrangers, notamment tchadiens.

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