Algérie : Sonatrach découvre un important gisement de pétrole

Par Jeune Afrique

Le champ pétrolier de Hassi Messaoud est le plus important d'Algérie. © 2011 Heritage

Sonatrach, compagnie publique algérienne, a découvert un important gisement de pétrole à 112 km de Hassi Messaoud, le plus grand champ pétrolier du pays. L'entreprise aura recours à la fracturation hydraulique, une technique de forage controversée.

La compagnie nationale Sonatrach vient de réaliser une importante découverte de pétrole dans le bassin d’Amguid Messaoud dans la wilaya de Ouargla, à 112 km de Hassi Messaoud, le plus grand champ pétrolier d’Algérie, selon l’agence de presse algérienne APS. « C’est l’une des plus importantes découvertes que Sonatrach a réalisé durant les vingt dernières années, puisqu’il s’agit d’une accumulation de près de 1,3 milliard de barils », a déclaré le ministre de l’Énergie et des Mines, Youcef Yousfi, au cours d’une visite d’inspection au gisement Hassi Toumiet, où a été réalisée la découverte.

Augmentation des réserves

Celle-ci intervient alors que le ministre de l’Énergie a donné le 27 octobre à Illizi le coup d’envoi officiel de la production d’El Merk dans le bassin de Berkine, un gisement développé en partenariat entre Sonatrach et l’américain Anadarko et devant produire à terme 146 000 barils par jour. Les réserves prouvées d’El Merk sont estimées à 1,2 milliard de barils de pétrole, dont près de 40% sont récupérables. « Le projet donne à la Sonatrach une capacité de production supplémentaire de brut de près de 100 000 barils de pétrole par jour », a indiqué le ministre à la presse après l’inauguration de l’usine El Merk.

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De son côté, le dirigeant de Sonatrach a révélé que son groupe allait consacrer l’essentiel des 100 milliards de dollars qu’il compte mobiliser pour son programme d’investissement à l’amont pétrolier en vue d’intensifier l’exploration du domaine minier. « L’objectif primordial que nous avons retenu c’est de conforter nos réserves. Cette politique commence à apporter ses fruits puisque nous venons réaliser des découvertes importantes qui nous permettent non seulement de reconstituer nos réserves mais de les augmenter », a relevé Abdelhamid Zerguine, le président directeur général de Sonatrach.

Sur le site d’Hassi Toumiet, Sonatrach aura recours à des techniques de forage non conventionnelles pour pouvoir extraire 50% des réserves. Selon le ministre, les techniques conventionnelles utilisées jusqu’ici par Sonatrach ne permettent de récupérer que 10 à 15% du pétrole du gisement. »C’est un gisement qui nécessite des techniques de production non conventionnelles » mais l’utilisation de ces nouvelles technologies d’exploitation des gisements pétroliers a des coûts supplémentaires induits par le recours à la fracturation hydraulique, a indiqué Saïd Sahnoun, vice-président activité amont de Sonatrach, cité par l’APS. Le coût de la fracturation hydraulique représentera un surplus de 10% dans le coût global du projet, a-t-il précisé.

Technique non conventionnelle

La fracturation hydraulique, notamment employée dans l’exploration des gisements de gaz et de pétrole de schiste, consiste à créer des fissures dans les roches riches en hydrocarbures en injectant à haute pression un mélange d’eau, de sable et d’adjuvants chimiques. Elle permet d’exploiter des gisements inaccessibles aux méthodes classiques, mais implique des risques de pollution des sous-sols et des nappes phréatiques. Par ailleurs, son utilisation requiert une quantité d’eau très importante. « La fracturation hydraulique est polluante, onéreuse, et risque de provoquer des séismes du fait de la déstabilisation de la couche du sous-sol. Il serait préférable de consacrer les efforts au développement des énergies renouvelables » expliquait à Jeune Afrique le professeur Chems Eddine Chitour, ingénieur en génie chimique et enseignant à l’École polytechnique d’Alger, en juin 2012.

Dans un rapport récent sur le gaz de schiste, publié le 17 octobre, la Banque africaine de développement a rappelé que de nombreux pays africains regorgent de gisements de gaz de schiste potentiellement viables, notamment l’Algérie, la Libye, la Tunisie, le Maroc et l’Afrique du Sud. Ces ressources pourraient, si elles étaient exploitées, conduire à une baisse du cours du gaz, à une plus large consommation de gaz naturel et à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les retombées économiques pourraient être considérables.