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Guinée – Corruption : Alpha Condé promet un grand coup de balai dans l’administration

Par AFP

Le président guinéen Alpha Condé le 27 janvier 2012 au forum de Davos. © Eric Piermont/AFP/Archives

Le président guinéen Alpha Condé a annoncé samedi à Conakry qu'il allait prochainement faire le ménage dans plusieurs services publics, après la révélation récente d'une tentative avortée de malversations financières dans un ministère.

"La semaine prochaine, je vais balayer beaucoup de cadres (des) Finances, du Budget, de la Banque centrale et de la Fonction publique", a déclaré le président Condé lors d’une rencontre avec des partisans au siège du Conseil national de transition (CNT, faisant office de Parlement).

"Tous les cadres coupables de vol seront non seulement radiés, mais poursuivis et sévèrement condamnés", a-t-il dit.
Le 28 mai, le ministre guinéen de l’Economie et des Finances, Kerfala Yansané, a révélé une tentative de détournement de plus de 13,6 milliards de francs guinéens (plus de 1,5 million d’euros) par des fonctionnaires qui ont imité sa signature alors qu’il était en déplacement à l’étranger.

D’après M. Yansané, le projet de fraude a été découvert lorsque l’inspection générale des Finances et la Direction nationale du Trésor ont remarqué l’imitation grossière de sa signature sur des ordres de paiement en date du 18 mai et qui n’étaient pas enregistrés dans les registres publics. Une dizaine de suspects ont été interpellés depuis dans le cadre de l’enquête sur cette affaire, selon lui.

Faux et usage de faux

"Comment peut-on imiter la signature du ministre des Finances pour aller sortir 13 milliards (de francs guinéens) à la banque centrale ?", a lancé Alpha Condé, élu en novembre 2010 et qui a pris ses fonctions un mois plus tard.

"Alors, la mafia organisée à la Banque centrale, aux Finances, au Trésor et à la Fonction publique, on va (lui) couper la tête la semaine prochaine" et aussi "nettoyer profondément la Fonction publique en coupant la tête de tous les fonctionnaires véreux", a-t-il ajouté.

"Nous allons aussi surveiller la gestion de tous les ministres, et tout ministre dont la gestion sera contraire à notre idéal partira du gouvernement", a-t-il assuré.

Avant son élection, la Guinée a été dirigée pendant plus de 50 ans par des régimes dictatoriaux n’étant soumis à aucun contrôle dans la gestion des deniers publics ou des contrats concernant l’exploitation de ses immenses richesses minières. Le pays est régulièrement classé parmi les plus corrompus en Afrique et dans le monde.
 

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