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Législatives algériennes : le rapport qui accable l’administration Bouteflika

Par AFP

Le FLN de Abdelaziz Bouteflika a refusé de signer le rapport de la Cnisel. © D.R.

Dans un rapport, la Commission nationale de surveillance des élections législatives (CNISEL) estime que ces dernières ont perdu leur "crédibilité". Mais ni le FLN ni le RND, vainqueurs du scrutin, ne partagent ce point de vue.

C’est un rapport accablant qu’a rendu la Commission nationale de surveillance des élections législatives (Cnisel), samedi 2 juin. "Les législatives du 10 mai 2012 ont été entachées par de nombreux dépassements et infractions, du début de l’opération jusqu’à sa fin ce qui a terni sa probité et sa transparence ", selon la conclusion du rapport, lu par le président de la Cnisel Mohamed Seddiki. "La commission considère que les élections ont perdu leur crédibilité ", ajoute-t-il.

Trente cinq membres de la commission ont signé le rapport, quatre étaient absents, le Front de libération nationale (FLN, au pouvoir) et le Rassemblement national démocratique (RND), vainqueurs des élections, a refusé de le signer et les autres se sont abstenus. La Cnisel est composée de représentants des 44 partis qui ont participé au scrutin. Dans son rapport, elle a noté toutes les irrégularités dont elle a eu connaissance depuis la convocation du corps électoral jusqu’à l’annonce des résultats officiels par le Conseil constitutionnel.

Commission indépendante

Pour la première fois depuis l’instauration du multipartisme en 1989, la présidence de cette commission, chargée du "suivi et du contrôle des opérations électorales et de la neutralité des agents en charges de ces opérations", a échappé au contrôle de l’administration. Lors des précédents scrutins, sa présidence avait toujours été confiée à une personnalité, désignée par les autorités. M. Seddiki a lui été élu par ses pairs avec 12 voix face au représentant du FLN, Madani Hout, qui n’a recueilli que quatre voix. La commission était représentée dans les 48 wilayas (départements) et les 1541 communes d’Algérie.

Le Front de libération nationale (FLN, parti présidentiel) est le grand vainqueur de ce scrutin avec 208 sièges, suivi du Rassemblement national démocratique (RND, du premier ministre Ahmed Ouyahia) avec 68 sièges et de l’Alliance de l’Algérie verte (AAV, trois partis islamistes) avec 49 sièges. La nouvelle Assemblée compte 462 députés dont 145 femmes.

(Avec AFP)

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