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Le Nigeria limoge le conseiller pour la sécurité et le ministre de la Défense

Par AFP

Capture d'écran de Goodluck Jonathan lors d'une intervention télévisée au Nigeria, le 29 mai. © AFP

Le président du Nigeria Goodluck Jonathan a limogé vendredi son conseiller pour la sécurité nationale et le ministre de la Défense, a annoncé à l'AFP son porte-parole alors que le pays est plongé dans une spirale de violences meurtrières.

"Le NSA (conseiller pour la sécurité nationale) a été limogé (…) le ministre de la Défense également", a déclaré le porte-parole présidentiel Reuben Abati.

Le porte-parole a ajouté que le poste de conseiller à la sécurité nationale serait désormais occupé par Sambo Dasuki, un colonel à la retraite et un homme influent, originaire du nord du Nigeria et cousin du Sultan de Sokoto (nord), le plus haut dignitaire spirituel musulman du pays.

Aucune indication n’a été en revanche donnée dans l’immédiat sur le nouveau ministre de la Défense du Nigeria, le pays le plus peuplé d’Afrique avec plus de 160 millions d’habitants.

Le président Jonathan, un chrétien du sud nigérian, avait réuni auparavant les hauts responsables de la sécurité du pays, après des journées de violences dans plusieurs villes du nord, qui ont fait plus de 100 morts depuis le début de la semaine, et suscité de vives critiques contre son gouvernement.

Cette réunion des chefs de la sécurité s’est déroulée dans la villa présidentielle à Abuja après son retour de Rio où il a assisté au sommet de l’ONU sur l’environnement, ont indiqué des responsables.

La décision du président de quitter mardi le Nigeria pour se rendre à ce sommet alors que de nouvelles émeutes étaient en cours avait été vivement critiquée dans son pays.

Le président "pense que nous devons parler. Nous avons besoin de nous assurer que ce que nous faisons est juste pour nous assurer que nous allons retrouver le calme et que les explosions à répétition cesseront", a déclaré le ministre de la Police Caleb Olubolade, à l’issue de la réunion.

Les autorités ont également annoncé vendredi l’arrestation de quatre personnes suspectées d’avoir tenté de faire exploser une bombe dans la deuxième mosquée de Kano, la plus grande ville du nord musulman du pays.

La bombe, selon la police, a été désamorcée sans faire de victimes.

Attaques et représailles

Un cycle d’attaques et de représailles entre chrétiens et musulmans a fait une centaine de morts et conduit à l’instauration d’un couvre-feu à Kaduna et Damaturu, capitale de l’Etat de Yobe plus au nord-est du pays, entre le 17 et le 19 juin.

Dimanche, des attentats avaient visé trois églises à Kaduna et Zaria – les deux principales villes de l’Etat de Kaduna – et provoqué des représailles immédiates de jeunes chrétiens, avec un bilan officiel de 52 morts et 150 blessés.

Le groupe islamiste nigérian Boko Haram a revendiqué ces attaques. Depuis 2009, Boko Haram multiplie ainsi, essentiellement dans le nord du pays, attentats et attaques contre les forces de sécurité, les responsables gouvernementaux et les lieux de culte chrétiens.

Les Etats-Unis ont placé jeudi sur leur liste noire du terrorisme international trois membres du groupe Boko Haram, dont son principal responsable, Abubakar Shekau, tous trois proches d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

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