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Égypte : le pays attend le nom de son nouveau président

Par AFP

Des partisans du candidat Ahmad Chafiq manifestent à Nasr, près du Caire, le 23 juin 2012. © AFP

L'Égypte attend dimanche dans l'après-midi l'annonce officielle de son prochain président, après une élection qui a vu s'affronter le Frère musulman Mohamed Morsi et l'ancien Premier ministre de Hosni Moubarak Ahmad Chafiq, qui revendiquent tous deux la victoire.

"L’Égypte connaîtra son président aujourd’hui", titrent les quotidiens indépendants Al Shorouk et libéral al-Wafd en Une.

"A 15H00, Morsi sera président de l’Egypte", écrit le quotidien al-Horriya wal-Adala, dépendant de Frères musulmans, tandis que le journal gouvernemental al-Akhbar évoque les mesures de sécurité renforcées dans tout le pays pour prévenir les troubles.

"L’Egypte retient son souffle et attend nerveusement le verdict de la commission électorale", souligne de son côté le journal indépendant al-Masri al Youm, qui affirme que le résultat est prêt depuis samedi mais que l’annonce a été reportée à dimanche afin notamment de mettre en présidentielle, la première depuis la chute, le 11 février 2011, de Hosni Moubarak après 30 ans d’un règne sans partage.

Les deux candidats ont mobilisé samedi leurs troupes sur deux places différentes de la capitale, dans une dernière démonstration de force avant le verdict de la commission électorale.

Plusieurs milliers de partisans des Frères musulmans ont ainsi manifesté pour la quatrième journée, place Tahrir pour réclamer la reconnaissance de la victoire de leur candidat Mohamed Morsi.

La commission électorale doit annoncer à 13H00 GMT les résultats officiels de la"Morsi, Morsi, Dieu est le plus grand", ont-ils scandé. Dimanche matin, quelques ce place les mesures de sécurité nécessaires. ntaines d’entre-eux poursuivaient leur sit-in sur cette place emblématique.

Dispositif de sécurité renforcé

Parallèlement, des milliers de partisans de M. Chafiq ont manifesté jusque tard dans la nuit samedi à Madinat Nasr, un quartier du Caire, scandant "le peuple veut Ahmed Chafiq, président", ou "l’armée et le peuple main dans la main".

Brandissant ses portraits et ceux du maréchal Hussein Tantaoui, chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA) et chef d’Etat de fait depuis la chute du régime Moubarak, ils ont aussi scandé "A bas le pouvoir du guide" en référence au guide des Frères musulmans, Mohamed Badie.

Pour prévenir tout débordement ou affrontement entre les deux camps après la proclamation des résultats, le ministère de l’Intérieur a annoncé un renforcement du dispositif de sécurité en coordination avec l’armée.

Les résultats étaient attendus initialement le 21 juin, mais la commission avait demandé plus de temps pour examiner les multiples recours présentés par les deux candidats.

Depuis, les annonces contradictoires se sont succédé sur la date de la proclamation officielle des résultats, suscitant des doutes sur l’issue du scrutin.

Elles se sont accompagnées par des échanges hostiles entre les Frères musulmans, première force politique du pays, et les militaires, leurs rivaux historiques qui dominent le système depuis la chute de la monarchie en 1952.

Discussions entre les deux partis

Néanmoins, en privé, des sources proches de la confrérie ont indiqué que les deux parties étaient engagées dans des discussions pour résorber les tensions.

S’il est élu, Mohamed Morsi, un ingénieur de 60 ans, diplômé d’une université américaine, sera le premier dirigeant islamiste à la tête du pays le plus peuplé du monde arabe.

Mais sa marge de manoeuvre sera des plus limitées. A la suite de la dissolution sur décision de justice de la chambre des députés dominée par les islamistes, l’armée s’est en effet octroyée le pouvoir législatif et un droit de contrôle sur l’élaboration de la prochaine Constitution.

La confrérie a vivement critiqué les dispositions constitutionnelles prises par l’armée et qui permettront aux militaires de rester un acteur central.

Elle a toutefois affirmé qu’elle ne cherchait pas "la confrontation ou la violence" mais qu’elle se battrait contre toute falsification des résultats.

"Nous n’avons pas de problème avec les forces armées, même si celles-ci ont commis ces derniers jours des erreurs", a insisté M. Morsi vendredi.

Le même jour, le CSFA a lancé un avertissement voilé aux Frères musulmans, affirmant qu’il agirait "avec la plus grande fermeté face à toute tentative de porter atteinte aux intérêts publics et privés".

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