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Kenya : mise en garde américaine contre un risque imminent d’attaque à Mombasa

Par AFP

L'ambassade américaine à Nairobi, au Kenya. © AFP

Les États-Unis ont de nouveau mis en garde contre une menace "imminente" d'attentat au Kenya, cette fois dans la très touristique ville côtière de Mombasa, où ils suspendent tout déplacement de responsables américains jusqu'à juillet.

Dans un message à ses ressortissants reçu samedi par l’AFP, l’ambassade des États-Unis à Nairobi dit "avoir reçu des informations sur une menace imminente d’attaque terroriste à Mombasa", la deuxième ville du Kenya.

"Tous les déplacements gouvernementaux américains à Mombasa sont suspendus jusqu’au 1er juillet", ajoute-t-elle. "Tout le personnel administratif américain doit quitter Mombasa", poursuit-elle.

Les États-Unis n’ont pas de consulat à Mombasa, mais ce message s’adresse à tous leurs responsables qui seraient en déplacement dans la ville.

Dans la foulée de l’avertissement américain, l’ambassade de France à Nairobi à son tour a "recommandé la plus grande vigilance" à ses ressortissants dans la "ville de Mombasa et ses environs".

La mise en garde de Washington intervient alors que la police kényane a indiqué vendredi détenir deux Iraniens soupçonnés d’"activités terroristes". L’un a été interpellé mercredi à Nairobi, l’autre jeudi à Mombasa.

Selon le chef de la police de la province côtière, Aggrey Adoli, leur interrogatoire a permis de mettre la main sur deux petits sacs de jute contenant des produits chimiques qui, d’après la police, "servent à fabriquer des explosifs".

Samedi, le porte-parole de la police kényane, Eric Kiraithe, s’est cependant voulu rassurant, il a affirmé que les "agents de sécurité devançaient les événements". "Nous travaillons même avec le FBI et d’autres agences internationales," a-t-il poursuivi devant un groupe de journalistes.

"Nous avons intensifié la sécurité"

"Nous sommes en état d’alerte", a renchéri dans la soirée le chef du département des enquêtes criminelles de la région côtière, Ambrose Munyasia. "Nous avons intensifié la sécurité mais nous demandons instamment à la population de travailler avec nous en nous fournissant des informations."

Pendant ce temps, un policier s’exprimant sous couvert d’anonymat a indiqué que "six kg de matériel destiné à faire des bombes" avaient été découverts dans les bagages de deux jeunes gens à Nairobi lors d’une patrouille de police. Les deux jeunes gens ont pris la fuite après avoir lâché leurs sacs, qui contenaient notamment de la poudre et six détonateurs, et "sont recherchés", a-t-il ajouté.

"Nous ne savons pas si cela a quelque chose à voir avec Mombasa", a-t-il encore précisé.

Plusieurs ressortissants étrangers soupçonnés de participation à la préparation d’attentats ou de liens avec les islamistes somaliens shebab, récemment intégrés à Al-Qaïda, sont recherchés par le Kenya ou ont été arrêtés et déférés devant la justice de Nairobi et Mombasa ces derniers mois.

Parmi eux figure le Britannique Jermaine Grant, accusé d’avoir fomenté un attentat à la bombe. Il est jugé à Mombasa et soupçonné de liens avec Samantha Lewthwaite, la veuve d’un des kamikazes britanniques qui avaient tué 52 personnes lors des attentats de Londres en 2005, et que Nairobi recherche aussi.

Un ressortissant allemand d’origine turque, Emrah Erdogan, soupçonné de liens avec les shebab, a par ailleurs été récemment arrêté en Tanzanie, voisine du Kenya.

L’ambassade des Etats-Unis a déjà émis plusieurs alertes sur le risque d’attaques "terroristes" au Kenya depuis que l’armée kényane est entrée, fin 2011, dans le sud de la Somalie pour en déloger les shebab et que ces derniers ont menacé de frapper le pays en représailles.

Plusieurs attaques, toujours attribuées par Nairobi aux shebab mais jamais revendiquées par le groupe islamiste, ont d’ailleurs déjà touché Nairobi et Mombasa ces derniers mois. Fin mai, une explosion dans un centre commercial du centre de la capitale kényane a fait un mort et plus de 30 blessés.

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