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Législatives en Libye : l’insécurité empêche l’ouverture de 101 bureaux de vote

Par AFP

Des Libyens votent, le 7 juillet 2012 à Tripoli. © AFP

La Commission électorale libyenne a annoncé samedi qu'une centaine de bureaux de vote parmi un total de 1.554, n'avaient pas pu ouvrir leurs portes en raison d'actes de sabotages, notamment à l'Est du pays.

La Commission électorale libyenne a annoncé samedi qu’une centaine de bureaux de vote parmi un total de 1.554, n’avaient pas pu ouvrir leurs portes en raison d’actes de sabotages, notamment à l’Est du pays. "94% des bureaux de vote sont ouverts", a indiqué le chef de la Commission électorale, Nouri al-Abbar, précisant que l’opération électorale a commencé dans 1.453 bureaux sur un total de 1.554.

Huit mois après la fin du conflit armé qui a provoqué la chute puis la mort de Mouammar Kadhafi, quelque 2,7 millions d’électeurs sont appelés à choisir les 200 membres du "Congrès national général", où les islamistes espèrent remporter le même succès que leurs voisins tunisiens et égyptiens. Dans l’Est, plusieurs bureaux de vote n’ont pas ouvert à Ajdabiya et dans des villes oasis comme Jalo et Ojla en raison de perturbations provoquées par des militants autonomistes dénonçant la répartition des sièges au sein de la future assemblée (100 sièges pour l’Ouest, 60 pour l’Est et 40 pour le Sud).

Les bureaux de vote resteront ouverts jusqu’à 20H00 (18H00 GMT), et les résultats préliminaires devraient être annoncés "à partir de lundi ou mardi", selon la Commission électorale. A Tripoli comme à Benghazi, la grande ville de l’Est berceau de la révolte de 2011, les bureaux de vote voyaient passer un flot nourri d’électeurs ravis de participer aux premier scrutin national en près d’un demi-siècle.

"Ma joie est indescriptible. C’est un jour historique", a déclaré Fawziya Omran, 40 ans, en patientant devant le bureau de vote de l’école Ali Abdullah Warith, dans le coeur de la capitale libyenne. "Je me sens un citoyen libre. Ca résume tout", s’est réjoui Ali Abdallah Derwich, 80 ans, venu en chaise roulante et incapable de se rappeler la dernière fois où il a été invité à se prononcer sur la vie de son pays.

Certains électeurs étaient venus avec les drapeaux noir, rouge et vert de la révolution, et les mosquées faisaient résonner à toute puissance les "Allah Akbar" (Dieu est le plus grand) tandis que les concerts de klaxons se succédaient dans les rues.

La joie était tout aussi palpable à Benghazi, malgré les appels au boycott et au sabotage du scrutin lancés par les partisans de l’autonomie. "J’ai le sentiment que ma vie a été gâchée jusqu’à présent, mais maintenant mes enfants auront une vie meilleure. Tout ce dont ils ont besoin, c’est d’une impulsion, et je crois que les nouveaux dirigeants donneront cette impulsion", a déclaré Hueida Abdul Sheikh, 47 ans, parmi les premières à aller voter.

Nouvelle période de transition

En votant samedi matin dans sa ville de Baïda (est), Moustapha Abdeljalil, le président du Conseil national de transition (CNT au pouvoir) qui doit s’effacer devant la nouvelle assemblée, a estimé que situation était "excellente". Avec 3.702 candidats et plus de 100 partis en lice, les pronostics sont difficiles, mais trois formations sortent du lot: les islamistes du Parti de la justice et de la construction (PJC), issu des Frères musulmans, ceux d’Al-Watan, dirigés par l’ex-chef militaire controversé de Tripoli Abdelhakim Belhaj, et les libéraux réunis dans une coalition lancée par l’ex-Premier ministre du CNT Mahmoud Jibril.

Avant le scrutin, la semaine a été marquée par des tensions dans l’Est, qui ont culminé vendredi avec la mort d’un fonctionnaire de la commission électorale, tué par un tir à l’arme légère sur l’hélicoptère à bord duquel il se trouvait au sud de Benghazi.

Auparavant, plusieurs importants terminaux pétroliers de l’Est ont été sommés jeudi soir par des partisans de l’autonomie de cesser leurs opérations jusqu’à la fin du scrutin. "Nous allons continuer nos manifestations jusqu’à ce samedi soir. Si les autorités ne revoient pas la répartition des sièges, nous allons envisager d’autres mesures", a prévenu l’un des leaders des protestataires, Ibrahim al-Jadhran.

A 1.000 km de Tripoli, Benghazi a été pendant de longs mois la capitale de la rébellion lancée en février 2011, qui s’est transformée en conflit armé et a abouti, grâce à un appui militaire international, à la chute de Tripoli en août et à la mort de Kadhafi en octobre.

Pour tenter de calmer la colère des militants de l’Est, le CNT a ôté jeudi à la prochaine assemblée l’une de ses principales prérogatives, celle de désigner les membres du comité chargé de rédiger la future Constitution. La composition de ce comité devrait faire l’objet d’un nouveau scrutin, et chacune des trois régions y enverra 20 membres.

En attendant, le Congrès général national sera chargé de choisir un nouveau gouvernement et de gérer une nouvelle période de transition, en prenant le relais du CNT qui devrait être dissous lors de la première session de l’assemblée.

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