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Libye : les milices détiennent toujours des milliers de personnes

Par AFP

Des soldats de l'armée libyenne à Tripoli le 3 juillet 2012. © AFP

Human Rights Watch (HRW) a appelé samedi les autorités libyennes à prendre les mesures nécessaires pour prendre sous leurs responsabilités les milliers de personnes encore détenues par des milices.

Le Conseil national de transition (CNT, au pouvoir) "n’est pas parvenu à reprendre sous sa responsabilité les quelque 5.000 personnes détenues arbitrairement par des groupes armés et dont certaines font l’objet de tortures sévères après l’expiration du délai" en ce sens, indique HRW dans un communiqué.

L’ONG basée à New York se réfère à une loi adoptée en mai qui stipule que les ministères de l’Intérieur et de la Défense doivent, d’ici le 12 juillet, "transférer tous les partisans de l’ancien régime devant la justice si leur culpabilité est prouvée".

"Ces détenus (aux mains d’anciens rebelles) ainsi que 4.000 autres dans des prisons sous le contrôle de l’Etat doivent tous avoir la garantie que leur droit soit respecté", ajoute le communiqué.

La plupart des détenus sont des membres des forces de sécurité du régime déchu du colonel Mouammar Kadhafi, d’anciens responsables gouvernementaux, des présumés mercenaires étrangers ou des migrants sub-sahariens, selon HRW.

"Peu de volonté politique"

Les nouvelles autorités libyennes ont montré "peu de volonté politique" pour s’atteler au phénomène des groupes armés qui avaient combattu les forces de Mouammar Kadhafi, regrette HRW.

L’armée et la police n’étant toujours pas entièrement opérationnelles en Libye, ces milices en profitent souvent pour faire la loi dans le pays depuis la chute du régime de Kadhafi en octobre 2011.

L’ONU s’était inquiétée en mai que de milliers de personnes demeuraient emprisonnées en Libye, dont certaines dans des centres de détention secrets, et que la torture continuait d’y être pratiquée.

"Toute détention en dehors de la loi, y compris celle opérée par des miliciens, doit être considérée comme un acte criminel", affirme HRW, pressant le Congrès national général, qui doit émaner des récentes élections législatives, de mettre fin à ces pratiques et d’établir un réel système judiciaire.

 

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