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Madagascar : rencontre Rajoelina-Ravalomanana prévue aux Seychelles

Par AFP

L'actuel président malgache de la Transition Andry Rajoelina le 7 juin 2011 à Gaborone. © AFP

Un face-à-face inédit à huis clos entre l'ex-président Marc Ravalomanana et l'actuel président de la Transition Andry Rajoelina doit se tenir la semaine prochaine aux Seychelles, une étape décisive pour sortir Madagascar de la crise, a-t-on appris samedi de sources concordantes.

« Le face-à-face démarrera le 25 juillet et nous espérons en obtenir un accord. Cela pourrait durer jusqu’au lendemain matin », a indiqué à l’AFP une source proche du dossier qui a requis l’anonymat.

Ce n’est pas la première fois que les deux hommes se verront depuis la prise de pouvoir par M. Rajoelina, il y a trois ans et demi, mais ce sommet revêt un caractère inédit car ils seront seul à seul et à l’abri des médias.

La méthode est donc différence, comme le contexte puisque le calendrier des élections législatives et présidentielle – que l’ONU préconise de tenir en saison sèche 2013 – doit être annoncé dans dix jours.

Ces élections doivent ramener la démocratie à Madagascar, pays en crise depuis le renversement début 2009 de M. Ravalomanana par Andry Rajoelina, son jeune opposant d’alors, aidé par l’armée, et maire d’Antananarivo.

M. Rajoelina est attendu aux Seychelles lundi et M. Ravalomanana mardi, des pourparlers entre délégations démarrant mardi avant le tête-à-tête mercredi et des conclusions jeudi, a indiqué à l’AFP une source diplomatique.

Marc Ravalomanana, en exil depuis 2009

La SADC, qui organise la rencontre dans la plus grande discrétion, a mis les deux protagonistes au défi de parvenir à un « accord final » d’ici le 31 juillet, sous peine de désavouer le responsable d’un éventuel échec.

En Afrique du Sud, où M. Ravalomanana vit en exil depuis 2009, son assistant Olivier Andrianosa, joint par l’AFP, s’est refusé à tout commentaire.

A Antananarivo, le ministre de la Communication n’était pas joignable, et le ministère seychellois des Affaires étrangères n’a pas non plus voulu s’exprimer.

L’annonce de la réunion était cependant relayée dans tous les journaux malgaches et sur internet, sans démenti officiel, et d’autres sources concordent sur la date du 25.

Le retour et l’éventuelle participation de l’ex-président à la future élection présidentielle restent les principaux obstacles à la résolution de la crise.

« Nous attendons un engagement sur la mise en oeuvre et l’opérationnalisation du retour de M. Ravalomanana qui n’est pas négociable », a ainsi déclaré samedi un proche de la mouvance pro-Ravalomanana, qui a requis l’anonymat.

M. Ravalomanana a été condamné trois fois depuis son éviction, dont une fois à une peine de travaux forcés à perpétuité pour la mort d’une trentaine de manifestants devant le palais présidentiel en février 2009.

Théoriquement, cela l’empêche de se présenter à la présidentielle, selon un projet de loi voté par le Parlement il y a 10 jours, excluant les individus condamnés pour crime. Mais son camp argue que cette condamnation par contumace manque de légitimité juridique.

Impasse

« La solution politique serait qu’aucun des deux ne se présente, au moins pour le prochain mandat car au vu des tensions, la campagne sera rude, ça risque de déborder et le perdant pourrait ne pas reconnaître sa défaite », a commenté Ernest Razafindraibe, président du Comité National d’observation des élections et de l’éducation des citoyens (CNOE).

Depuis le renversement de M. Ravalomanana, les deux hommes ont signé plusieurs accords avec d’autres mouvements politiques à Maputo et Addis-Abeba en 2009.

Ils ont ensuite tenté de nouvelles négociations à Pretoria en 2010 et Gaborone au Botswana en 2011 sans sortir de l’impasse.

Des blocages persistent au sein du gouvernement d’union nationale, les grèves se multiplient et des manifestations contre le régime en place ont vu le jour.

Autre pierre d’achoppement ou sujet de négociation possible : M. Ravalomanana pourrait demander l’annulation des arriérés d’impôts de plusieurs millions d’euros de sa société agro-alimentaire Tiko, dont les infrastructures et les biens ont été détruits ou volés. Avoir payé ses impôts des trois dernières années est une des conditions préalables pour être candidat à la présidentielle.

M. Rajoelina est aussi un ancien homme d’affaires qui a réussi comme DJ et publicitaire.

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