Fermer

Gabon : le gouvernement interdit le rassemblement prévu pour accueillir Mba Obame

Par AFP

Le principal opposant gabonais André Mba Obame, le 4 mai 2011 à Libreville. © Wils Yanick Maniengui/AFP/Archives

Le rassemblement des partisans du principal opposant gabonais André Mba Obame prévu samedi à son arrivée à Libreville après 14 mois d'absence n'est "pas autorisé", a déclaré vendredi le porte-parole de la présidence, qualifiant son retour de "non-événement".

"L’arrivée de M. Mba Obame est pour nous un non-événement", a indiqué le porte-parole, Alain-Claude Bilie-By-Nze, lors d’une conférence de presse à Libreville.
Ancien baron du régime passé dans l’opposition à la mort d’Omar Bongo en 2009, M. Mba Obame s’était autoproclamé président en janvier 2011 revendiquant la victoire à la présidentielle de 2009 remportée par Ali Bongo. Il doit arriver samedi en fin de journée en provenance de France après quatorze mois d’absence en raison d’une opération du dos.

Répondant à une question d’un journaliste concernant le déploiement de forces de l’ordre dans la ville depuis plusieurs jours et l’attribuant à l’arrivée de l’opposant, le porte-parole a répondu qu’il n’y avait pas de corrélation: "Vous ne pouvez pas à la fois reprocher aux pouvoirs publics de ne pas préserver la sécurité des Gabonais et vous plaindre qu’au carrefour il y a la police. La police est au carrefour depuis des mois et des mois. Nous n’attendons pas M. Mba Obame pour cela".

L’Union nationale (UN) de M. Obame avait été dissoute en 2011 et des poursuites engagées contre lui pour "trouble à l’ordre public" après son autoproclamation.
M. Mba Obame avait vu son immunité parlementaire levée et il risque une peine de deux mois à un an de prison s’il est reconnu coupable, a indiqué à l’AFP son avocat Me Lubin Ntoutoume.

La justice gabonaise

Le ministère de la Justice avait estimé que M. Mba Obame avait alors "porté atteinte à l’ordre et la sécurité publique, à l’autorité de l’Etat et au crédit de la Nation". Le porte-parole présidentiel a ajouté que "la justice gabonaise estimera si elle met en oeuvre les procédures suspendues".

D’autre part, le porte-parole a souligné que les manifestations de l’UN, n’étaient pas autorisées alors que le parti a mobilisé ses militants pour accueillir samedi son chef.
"J’entends parler d’Union nationale ou d’ex-Union nationale. Nous sommes dans un Etat de droit, ce parti politique n’existe pas. (…) C’est un parti de la haine du tribalisme", a-t-il ajouté.

Le respect de la loi

"On a pu constater un affichage exorbitant et (…) l’arrivée de compatriotes transportés par camions et bus de l’arrière-pays (notamment du nord d’où il (M. Obame) est originaire: (…) un parti dissous donc non autorisé ne sera pas autorisé à engager des manifestations. C’est le respect de la loi", a ajouté le porte-parole présidentiel.

"Ceux qui vont s’y engager (dans le rassemblement) s’exposent naturellement à ce qu’il y ait réprimande et qu’il y ait mise en oeuvre du dispositif prévu à cet effet", a mis en garde le porte-parole.

M. Mba Obame avait sollicité une autorisation pour quitter le territoire gabonais pour se faire soigner et les autorités l’avaient alors autorisé à voyager suspendant les poursuites.

Sa télévision avait été suspendue temporairement en janvier 2012 pour avoir diffusé ses voeux à la nation en se présentant comme le président autoproclamé.

Déjà 150 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici