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RDC : la force « neutre » devrait compter 4 000 hommes de pays africains

Par AFP

Les délégués à la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs, le 16 août 2012. © Michel Siboni/AFP

La force "neutre" qui doit empêcher certaines groupes armés d'opérer dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) pourrait compter 4.000 hommes, a affirmé vendredi à l'AFP le ministre congolais de la Défense Alexandre Luba Ntambo.

La force "neutre" qui doit empêcher certaines groupes armés d’opérer dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) pourrait compter 4.000 hommes, a affirmé vendredi à l’AFP le ministre congolais de la Défense Alexandre Luba Ntambo. La force pourrait compter "4.000 hommes" qui viendront de "pays africains", a déclaré le ministre joint par l’AFP au lendemain d’une réunion avec ses homologues d’Angola, du Burundi, du Congo, du Rwanda, d’Ouganda et de Tanzanie sur la crise à l’est de la RDC.

Selon lui, les Etats "concernés" par les récents troubles à l’est ne participeront pas à cette force. "La RDC, le Rwanda, le Burundi, l’Ouganda, pour ne citer que ceux-là, sont concernés, il ne serait pas normal qu’ils composent la force", a souligné M. Luba Ntambo. L’armée congolaise combat depuis mai des mutins se réclamant du Mouvement du 23 mars (M23), et issus d’une ex-rébellion congolaise: le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), intégré dans l’armée en 2009.

L’Ouganda est soupçonné de soutenir le M23, ce que Kampala a démenti. Le Rwanda a pour sa part été nommément accusé par des ONG puis par l’ONU d’appuyer en hommes, en armes et en munitions les rebelles, ce que Kigali a toujours nié. Les ministres étaient réunis depuis mercredi à Goma, capitale de la province instable du Nord-Kivu (est), pour préparer une nouvelle réunion de la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs (CIRGL) destinée à jeter les bases de la nouvelle force.

"Le problème ce n’est pas les trois collines"

Les derniers combats entre l’armée et le M23 remontent à quelques semaines. Les mutins doivent "retourner à leurs positions d’avant le 30 juin 2012", c’est-à-dire sur les collines stratégiques de Runyioni, Mbuzi et Chanzu, près de la frontière avec l’Ouganda et le Rwanda, a rapporté M. Luba Ntambo. Il est par ailleurs demandé au M23 "d’arrêter toute activité anticonstitutionnelle, dont l’installation de structures politiques et administratives parallèles, d’arrêter la nomination des présidents d’administration, d’arrêter de changer les chefs coutumiers, et (d’arrêter) de remplacer le drapeau national" par le leur, a détaillé le ministre.

"Le problème ce n’est pas les trois collines! (…) Nous demandons au gouvernement de Kinshasa de s’assoir avec nous, de dialoguer avec nous, avec l’opposition, avec la société civile, ensemble (…) pour qu’on trouve un compromis, une solution sur le problème congolais!", a déclaré à l’AFP le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, porte-parole militaire du M23. Le gouvernement a toujours refusé toute discussion avec le M23 le qualifiant de "force négative".
Les ministres étaient accompagnés de leurs chefs d’état-majors et de leurs chefs de service de renseignement, qui s’étaient rencontrés auparavant pour définir les contours de la force "neutre" et faire cesser les violences qui ont fait plus de 250.000 déplacés.

Ils ont transmis leur rapport au président ougandais Yoweri Museveni afin qu’il l’expose lors du prochain sommet de la CIRGL, prévu en septembre. La CIRGL est composée de la RDC, de l’Angola, de la Zambie, de la Tanzanie, du Burundi, du Rwanda, de l’Ouganda, de la Centrafrique, de la République du Congo, du Kenya, du Soudan.

Lors d’un sommet à Kampala le 7 juillet, les chefs d’Etat n’avaient pas réussi à s’entendre sur la composition de la force neutre décidée à Addis Abeba en marge du sommet de l’Union africaine. Ils ont décidé de se revoir début septembre à Kampala.

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