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Madagascar : l’Afrique australe parle d’élections sans Ravalomanana ni Rajoelina

Par AFP

L'actuel président malgache de la Transition Andry Rajoelina le 7 juin 2011 à Gaborone. © AFP

La Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) bouclait samedi à Maputo un sommet annuel largement consacré à Madagascar, si bien que ses dirigeants n'allaient avoir que peu de temps à consacrer aux autres crises régionales.

La Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) bouclait samedi à Maputo un sommet annuel largement consacré à Madagascar, si bien que ses dirigeants n’allaient avoir que peu de temps à consacrer aux autres crises régionales. Désespérant de pouvoir mettre d’accord les deux principaux protagonistes de la crise, les quinze pays de la SADC envisagent désormais l’organisation d’élections à Madagascar sans l’ancien président Marc Ravalomanana ni l’actuel président de la Transition Andry Rajoelina, selon le ministre seychellois des Affaires étrangères Jean-Paul Adam.

"Alors que le sommet reconnaît le droit à chaque individu de se présenter aux élections, il a pris note des recommandations de l’équipe de médiation de la SADC qui a dit que si les deux présidents devaient ne pas se présenter, cela faciliterait l’ensemble du processus d’apaisement conduisant à des élections pacifiques", a-t-il précisé à l’AFP. "L’idée que les deux ne se présentent pas a été attentivement considérée par le sommet", a-t-il ajouté en français.

Les deux intéressés, présents en ville, n’avaient pas officiellement réagi à la mi-journée, a-t-il noté, alors que la cérémonie de clôture, officiellement prévue en début d’après-midi, a été reportée à 15h00 GMT. L’organisation régionale tente de mettre d’accord sur un processus de sortie de crise MM. Ravalomanana et Rajoelina, le premier ayant été renversé par le second en 2009.

Rencontre aux Seychelles

Marc Ravalomanana, exilé en Afrique du Sud, veut rentrer pour se présenter à la présidentielle, prévue en mai 2013, mais Andry Rajoelina s’y oppose, mettant en avant des problèmes de sécurité publique et rappelant que son adversaire a été condamné par contumace aux travaux forcés à perpétuité pour son rôle dans la mort de 36 manifestants abattus par sa garde lors des émeutes qui l’ont emporté.

"Sur la question du retour du président Ravalomanana, une mission spécifique va être chargée d’évaluer ses implications pour la sécurité et il y a un accord sur le fait que le retour du président Ravalomanana sera réglé de façon à ce qu’il n’y ait pas de menace pour la sécurité de Madagascar, ni de menace pour lui-même", a expliqué Jean-Paul Adam.

Les Seychelles ont accueilli ces dernières semaines deux rencontres entre MM. Ravalomanana et Rajoelina sans qu’ils puissent aplanir leurs différends.
Le sommet de Maputo, entamé vendredi, devait aussi aborder, entre autres sujets, la situation au Zimbabwe et en République démocratique du Congo (RDC). "Nous allons aborder tous ces sujets", a confirmé le vice-ministre sud-africain des Affaires étrangères, Marius Fransman.

Au Zimbabwe, les principaux partis se sont mis d’accord en juillet sur un projet de Constitution –préalable à l’organisation d’élections–, mais le texte est désormais remis en cause par la Zanu-PF, le parti du président Robert Mugabe, ce qui fait craindre un nouveau blocage. Concernant la RDC, les dirigeants de la SADC devaient se prononcer sur l’éventuel envoi d’une "force neutre", évoqué lors d’une récente réunion à Kampala, dans l’est du pays où le mouvement rebelle M23 –appuyé par le Rwanda selon l’ONU– a pris les armes contre les autorités en avril, obligeant quelque 250.000 personnes à fuir les combats.

Le sommet s’est poursuivi samedi en l’absence de l’homme fort de la SADC, le président sud-africain Jacob Zuma, qui est rentré précipitamment suite au massacre de la mine de Marikana (nord), où 34 mineurs grévistes ont été tués par la police jeudi.

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