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Gambie : neuf condamnés à mort exécutés selon Amnesty International

Par AFP

Le président de Gambie, Yahyia Jammeh, au sommet de l'UA le 30 janvier 2012 à Addis-Adeba. © AFP

Amnesty International a annoncé vendredi dans un communiqué que neuf personnes condamnées à mort en Gambie ont été exécutées jeudi soir dans ce pays sur la base de "sources crédibles", mais aucune source gambienne jointe par l'AFP n'était en mesure de confirmer cette information.

"Amnesty International a reçu des informations crédibles selon lesquelles neuf personnes ont été exécutées la nuit dernière (jeudi, ndlr) en Gambie, et que davantage de personnes sont sous la menace d’exécutions imminentes aujourd’hui (vendredi) et dans les prochains jours", écrit l’ONG dans ce communiqué reçu à Dakar, sans identifier ses sources.

"Si ces exécutions signalées sont confirmées, ce serait une énorme régression (…) et nous exhortons les autorités à mettre fin immédiatement à toutes les autres exécutions" envisagées, a déclaré dans le communiqué Paule Rigaud, directrice adjointe du programme Afrique d’Amnesty International.

D’après le communiqué d’Amnesty International, citant "des sources fiables" non identifiées, "neuf personnes, dont une femme, ont été extraites de leurs cellules de détention la nuit dernière et ont été exécutées", et deux des prisonniers annoncés morts "seraient des Sénégalais".

47 éxécutions depuis juillet 2010

L’AFP a joint à Banjul diverses sources gambiennes, mais aucune n’a confirmé ces exécutions. L’une d’elles, une source sécuritaire, a déclaré que les prisonniers condamnés à mort avaient simplement été tous "transférés la nuit dernière en un même endroit" et n’avoir pas connaissance d’exécutions effectuées.

La source sécuritaire a toutefois ajouté : "L’homme-là (le président gambien Yahya Jammeh, NDLR) est déterminé à exécuter les prisonniers, et il le fera."
Un activiste des droits de l’Homme basé à Dakar interrogé sur l’exécution des neuf prisonniers a également affirmé à l’AFP ne pas être en mesure de confirmer ces exécutions.

Dans un message à la Nation le 20 août, le président Jammeh avait annoncé que tous les condamnés à mort en détention en Gambie seraient exécutés "vers mi-septembre", sans préciser de dates ni le nombre de condamnés concernés.

D’après un décompte de l’AFP, depuis juillet 2010, 47 personnes au total ont été condamnées à mort dans ce pays anglophone que dirige Yahya Jammeh d’une main de fer depuis 18 ans. Son régime est régulièrement critiqué par des défenseurs des droits de l’Homme pour des violations des libertés.

L’annonce du projet d’exécutions a suscité des protestations et condamnations de plusieurs organisations de défenses des droits humains et de la France.

Pendaison

Le ministre béninois des Affaires étrangères, Nassirou Bako Arifari, a affirmé avoir été dépêché mercredi à Banjul par le président en exercice de l’Union africaine (UA) Thomas Yahi Boni du Bénin, pour demander expressément à M. Jammeh d’abandonner ce projet. Jusqu’à vendredi, aucune indication n’a pu être obtenue sur la réponse donnée par Yahya Jammeh à cette requête.

D’après Amnesty International, la dernière fois qu’un prisonnier condamné à mort a été officiellement exécuté en Gambie remontait à 1985, mais des sources du correspondant de l’AFP en Gambie ont fait état d’exécutions non officielles effectuées jusqu’en 2007. En Gambie, les condamnés à mort sont généralement exécutés par pendaison.

Dans un communiqué conjoint jeudi, la Ligue sénégalaise des droits humains (LSDH), la Rencontre africaine des droits de l’Homme (Raddho) et la section sénégalaise d’Amnesty International, trois ONG basées à Dakar, avaient affirmé que "le projet funeste d’exécutions" en Gambie menaçait la vie de 47 personnes.

Parmi elles, figurent "une femme, onze prisonniers politiques, huit malades mentaux" gambiens, mais aussi des étrangers dont "trois Sénégalais, un Bissau-Guinéen, deux Nigérians", d’après elles.

"De telles exécutions, si elles se concrétisaient, seraient assimilées à des exécutions sommaires et extra-judiciaires" car "le système judiciaire gambien n’offre pas aujourd’hui les conditions de procès justes et équitables", avaient-elles déclaré.
 

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