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Mali : un djihadiste de Gao se dit prêt à négocier si Bamako applique la charia

Par AFP

Vue de l'aéroport de Gao, dans le nord du Mali, le 7 août 2012. © Romaric Ollo Hien

Un responsable local de Gao, ville du nord du Mali sous contôle des djihadistes, a affirmé samedi à l'AFP que les islamistes acceptent de négocier avec le gouvernement de Bamako à condition "que le Mali applique la charia" (loi islamique), en réponse à l'appel au dialogue du président malien lancé vendredi soir.

"Nous acceptons la main tendue de M. Traoré à une seule condition: que le Mali applique la charia, la loi de Dieu, c’est la seule condition", a déclaré Alioune Touré, un des responsables des islamistes à Gao, interrogé sur place par l’AFP.

"Si les gens du sud (du Mali) veulent la négociation avec l’application de la charia, nous sommes d’accord. Mais si c’est la guerre qu’ils veulent, nous sommes aussi d’accord. Dieu est le plus fort", a-t-il ajouté.

Le président intérimaire, Dioncounda Traoré, a proposé vendredi soir "le dialogue" et "la négociation" aux groupes armés islamistes qui occupent le Nord du pays, tout en appelant les Maliens à "l’union sacrée" autour de leur armée" pour faire la guerre s’il n’y avait "plus d’autre choix".

"Il n’est pas président"

"J’en appelle aux groupes armés qui opèrent dans le nord de notre pays d’accepter de s’engager résolument dans la voie du dialogue et de la négociation", a dit le président malien, investi il y a cinq mois, suite au coup d’Etat militaire qui avait renversé Amadou Toumani Touré.

A la question de savoir s’il avait écouté l’ensemble du discours du président vendredi soir, Alioune Touré a répondu: "Pour nous, il n’est pas président. Il doit se soumettre d’abord à la loi de Dieu". "Nous sommes pour la guerre sainte. Rien de nous arrêtera sur le chemin de la guerre sainte. Voilà ce que je voulais dire. Je n’ai plus rien à ajouter", a conclu Alioune Touré, ancien chef de la police islamique de Gao, actuellement chargé de la sécurité, côté sud de la ville.

Le Mujao, spécialiste de l’amputation

Gao est, avec Tombouctou et Kidal, l’une des principales villes du nord du Mali occupées par deux groupes armés islamistes alliés d’Al-Qaïda au Maghreb islamiste (Aqmi), le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) et Ansar Dine (Défenseurs de l’islam).

Le Mujao avait pris le contrôle total de Gao à la fin juin, après de violents combats avec la rébellion touareg. Le 10 septembre, cinq hommes y ont été amputés d’une main et d’un pied chacun, par les islamistes qui les accusaient d’avoir braqué un car de voyageurs.

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