Fermer

Somalie : les islamistes shebab abandonnent leur dernier bastion, à Kismayo

Par AFP

Vue du port de Kismayo, en Somalie, le 28 septembre 2012. © AFP

Les insurgés islamistes shebab ont abandonné le port stratégique de Kismayo (sud), leur dernier bastion en Somalie, 24 heures après l'assaut donné par les troupes de l'Union africaine (UA), a annoncé samedi à l'AFP un responsable shebab.

Ce retrait consacre une série de revers militaires accumulés depuis un an par le mouvement islamiste lié à al-Qaïda, qui a tenté de les compenser en multipliant les attentats dans la capitale somalienne Mogadiscio ou sur le sol du Kenya voisin. "Le commandement militaire des moudjahidine shebab a ordonné un retrait tactique à minuit" de Kismayo, a déclaré à l’AFP au téléphone le porte-parole des shebab Ali Mohamud Rage. Ce retrait a été confirmé par plusieurs habitants du grand port du sud somalien, contactés par téléphone par l’AFP depuis Mogadiscio. "Nous ne savons pas où ils ont partis (…) mais, tôt ce matin, le dernier véhicule militaire (des shebab) a quitté la ville", a déclaré un habitant Hassan Ali, qui a ajouté que "même leur radio (locale) n’émet plus".

Les shebab ont d’abord combattu vendredi le contingent de soldats kényans qui avait débarqué dans la nuit de jeudi à vendredi sur au moins deux plages proches de Kismayo. Les islamistes ont ensuite quitté les lieux à la faveur de la nuit suivante, sans qu’on sache encore où ils ont pris position. Entrés en Somalie en octobre dernier, les soldats kényans, depuis intégrés à la force de l’UA en Somalie appelée Amisom, ont conquis au fil des mois plusieurs positions dans le sud de la Somalie, avec l’objectif final affiché de prendre Kismayo, poumon économique des shebab. "Nous avons reçu l’ordre de nos supérieurs de nous retirer de la ville(…) il s’agit d’une statégie militaire plus vaste que nous avons mis en place contre l’ennemi", a délaré Cheikh Mohamed Abu-Fatuma, commandant des forces shebab à Kismayo, joint au téléphone par l’AFP.

Dernier bastion

"Nous avons également entendu ces informations selon lesquelles les shebab ont abandonné leurs positions", a commenté auprès de l’AFP le porte-parole de l’armée kényane, Cyrus Oguna. "Dès que nous aurons consolidé nos positions, nous ferons mouvement pour prendre le reste de la ville", a-t-il ajouté. "Le nord de Kismayo reste sous nôtre contrôle total (…) Tout ce qu’il nous reste à faire est d’avancer dans les zones occupées jusqu’ici par des poches de combattants shebab", a déclaré le porte-parole militaire.

"La nuit dernière (de vendredi à samedi), ils (les islamistes) ont libéré de prison les détenus et j’ai vu trois civils exécutés par les shebab au motif qu’ils étaient des espions. Ils sont ensuite partis et il n’en reste plus un seul aujourd’hui", a témoigné un autre habitant de Kismayo, Abdikarim Hussein.

Kismayo était le dernier bastion d’importance encore détenus par les shebab, qui ont d’abord été contraints d’abandonner leurs positions dans la capitale Mogadiscio en août 2011. Les islamistes, qui combattent le fragile gouvernement somalien soutenu par la communauté internationale, ont ensuite perdu l’une après l’autres les villes sous leur contrôle dans le centre et le sud du pays, face à l’avancée conjointe de la fragile armée somalienne, soutenue par l’Amisom et par un contigent de soldats éthiopiens.

Déjà 150 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici