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La Libye lance une collecte d’armes pour lutter contre les milices

Par AFP

Des Libyens font la queue pour remettre leurs armes, le 29 septembre 2012 à Benghazi. © AFP

Des centaines de Libyens ont remis leurs armes samedi dans différents points de collecte de l'armée à Tripoli et à Benghazi, la grande ville de l'Est, après des rassemblements appelant au désarmement et au démantèlement des milices d'ex-combattants, selon des journalistes de l'AFP.

"C’est notre première opération et ce ne sera pas la dernière", a déclaré à l’AFP le porte-parole de l’armée, Ali al-Sheikhi, à propos de cette campagne d’un jour organisée par l’armée en partenariat avec des organisations de la société civile et une chaîne de télévision privée. "Nous sommes surpris par la participation", a déclaré le colonel Hussein Abdallah Khalifa à Tripoli. Dans la capitale, des centaines de personnes se sont présentées pour remettre "des armes légères, moyennes et lourdes, ainsi que des munitions allant des balles aux obus de char", selon l’organisateur de la campagne, Ziad Hadia.

La grande majorité des armes présentées étaient des fusils d’assaut, "mais nous avons aussi reçu six missiles à tête chercheuse" et un homme a proposé un char, qui doit être remis à l’armée dans un lieu non précisé, a-t-il ajouté. A Benghazi, l’armée a collecté 730 armes légères, 200 grenades, 100 mines anti-personnel ou anti-char, ainsi qu’un assortiment de 20.000 munitions, selon un journaliste de l’AFP. Dans la soirée, une tombola devait distribuer des prix — dont deux voitures — à ceux qui ont déposé des armes.

"Faire le premier pas"

Cette récolte représente certes une infime fraction des armes pillées en masse dans les arsenaux lors de la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, mais il s’agit d’un pas en avant dans un pays où l’insécurité pousse les habitants à s’assurer qu’ils peuvent se protéger eux-mêmes. "Pour obtenir la sécurité, nous devons faire le premier pas", a déclaré Moustapha Abou Hmeid, un mécanicien de 23 ans tenant à la main un fusil saisi pendant le conflit. "Tant qu’il y aura des armes dans la rue, je ne pourrai pas me déplacer librement ou reprendre une vie normale", a insisté Mariam Abou Souera, une femme au foyer.

Après l’attaque du consulat américain à Benghazi le 11 septembre, qui a fait quatre morts dont l’ambassadeur Chris Stevens, d’importants rassemblements dans cette grande ville de l’Est ont dénoncé l’impunité des milices et forcé les autorités à entamer un grand ménage parmi ces groupes armés issus du conflit.

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