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Marzouki annonce la création d’une « task-force » euro-méditerranéenne pour l’immigration

Par AFP

Moncef Marzouki (g) et Abdelilah Benkirane (d), le 6 octobre 2012 à Malte. © AFP

Le président tunisien, Moncef Marzouki, a annoncé samedi 6 ocotbre, à l'issue du sommet 5+5 à Malte, la création par ce forum euro-méditerranéen d'une "task force pour regrouper les énergies" face à l'"urgence absolue" des problème posés par l'immigration des pays du Sud vers le Nord.

"C’est bien de parler de développement, de réseaux d’énergie solaire, mais l’urgence absolue pour moi, l’urgence démocratique c’est l’immigration", a-t-il déclaré. "J’ai proposé et le sommet a validé la création d’une task force pour empêcher cette émigration et secourir ces gens afin d’éviter ces tragédies en mer", a-t-il ajouté.

"Il y a des enfants tunisiens, des Libyens, parfois des gamins très jeunes qui meurent dans des naufrages. Chaque naufrage est une catastrophe pour des êtres humains. Ces drames humains ne peuvent pas être acceptés. Aucun développement économique ne peut se payer à ce prix", a-t-il ajouté.

Il faut selon lui "mettre en commun les efforts et les ressources mais ce ne doit pas être une opération de sécurité, ce doit être humanitaire. On ne peut pas accepter que des centaines de gens se noient en Méditerranée", a-t-il insisté.

Les pays doivent s’unir sur le plan maritime notamment pour éviter ces "tragédies en mer", selon M. Marzouki. "Notre jeunesse a de fortes aspirations mais nous ne pouvons pas faire de miracles" pour le développement économique, a-t-il dit, demandant "aux jeunes d’être patients. Il faut du temps car la Tunisie a hérité de plus de 50 ans de corruption".

Bientôt une réunion en Tunisie

Le président tunisien a annoncé la tenue "prochaine" dans son pays d’une réunion au niveau des ministres en charge de la sécurité, de l’immigration et des questions humanitaires pour mettre au point "les détails techniques" de la task force. "L’important c’est d’être d’accord sur le plan politique, puis on discutera" des détails, a-t-il ajouté.

La Déclaration de Malte adoptée par les 10 chefs d’Etat et de gouvernement arabes qui étaient réunis à La Valette vendredi et samedi a en effet souligné que "la gestion des flux migratoires ne peut pas être atteinte uniquement au moyen des mesures de contrôle". "Elle requiert aussi une action concertée pour affronter les causes fondamentales de la migration avec le développement d’une solidarité efficace, rapide et tangible", ajoute-t-elle.

Le sommet 5+5 à Malte était le premier depuis neuf ans pour le Dialogue 5+5 (Espagne, France, Italie, Malte, Portugal + Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie, Tunisie).
 

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