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Bissau : le chef présumé de l’attaque d’une caserne en octobre arrêté

Par AFP

Des militaires après l'attaque contre une caserne le 21 octobre à Bissau. © AFP

L'armée de Guinée-Bissau a annoncé samedi l'arrestation d'un militaire considéré comme l'instigateur de l'attaque d'une caserne survenue la semaine dernière, présentée par les autorités comme une tentative de contre-coup d'État.

L’armée de Guinée-Bissau a annoncé samedi l’arrestation d’un militaire considéré comme l’instigateur de l’attaque d’une caserne survenue la semaine dernière, présentée par les autorités comme une tentative de contre-coup d’État. "Nous avons arrêté le capitaine Pansau N’Tchama, dirigeant de l’attaque du 21 octobre à Bissau", a déclaré à l’AFP un porte-parole de l’armée, Ussumane Conaté. "Nous sommes en train de le transférer à Bissau", a-t-il ajouté.

Un communiqué confirmant l’arrestation a par ailleurs été lu à la radio nationale. Un autre porte-parole militaire, le capitaine Bwam Bissora, a déclaré que Pansau N’Tchama avait été arrêté, avec deux présumés co-instigateurs de l’attaque, dans la localité de Bolama, située sur l’île du même nom, dans l’archipel des Bijagos.

L’attaque survenue le dimanche 21 octobre avait fait sept morts, dont six des assaillants qui avaient été criblés de balles. Le septième mort était une sentinelle en position devant la caserne. Durant cette attaque, un groupe de soldats aurait tenté, de nuit, de prendre d’assaut la caserne des "Bérets rouges" près de l’aéroport de la capitale, Bissau. L’attaque avait été repoussée après une heure d’échanges de tirs puis les assaillants avaient pris la fuite.

Coup d’État

La Guinée-Bissau, dont l’histoire est jalonnée de coups d’État, est un petit pays d’Afrique de l’Ouest miné par le trafic de drogue, dans lequel des militaires de haut rang sont soupçonnés d’être impliqués. Aucun président n’a jamais mené son mandat à son terme, depuis l’indépendance du Portugal, en 1974.

Il y a six mois, le 12 avril, un coup d’État avait renversé le Premier ministre Carlos Gomes Junior, entre les deux tours de l’élection présidentielle, alors qu’il était arrivé en tête du premier tour.

Les militaires ayant mené le putsch d’avril, dirigés par le chef d’état-major des armées, le général Antonio Indjai, avaient ensuite rendu le pouvoir à des hommes politiques. Un accord avait été signé pour la mise en place d’autorités de transition, actuellement dirigées par le président Manuel Serifo Nhamadjo.

Ces autorités ont récemment accusé le Portugal – ancienne puissance coloniale – d’être derrière l’attaque de la caserne, dans le but de "faire revenir Carlos Gomes Junior au pouvoir". Le capitaine N’Tchama, membre lui-même des "Bérets rouges", est considéré comme ayant été à la tête du commando qui avait assassiné en 2009 le chef de l’Etat Joao Bernardo Vieira, quelques heures après l’assassinat du chef d’état-major des forces armées, Batista Tagmé Na Waie.
 

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