Fermer

Guinée : la directrice nationale du Trésor assassinée par balles à Conakry

Par AFP

Une voiture de police à Conakry. © Georges Gobet/AFP

La directrice nationale du Trésor public de Guinée, Aïssatou Boiro, a été assassinée dans la soirée du vendredi 9 novembre par un homme "en uniforme de l'armée guinéenne", dans un quartier résidentiel de Conakry, a appris samedi l'AFP de sources proches de sa famille et du ministère du Budget auquel elle était rattachée.

L’assassinat par balle, commis par un homme "en uniforme de l’armée guinéenne", s’est produit vers 21H00 (locales et GMT) dans le quartier chic de Kipé alors que Mme Boiro revenait du ministère du Budget, ont précisé ces sources.

Aïssatou Boiro a été à l’origine du démantèlement d’un réseau qui avait tenté en mai de détourner plus de 13 milliards de Francs guinéens (1,5 million d’euros) de la Banque centrale de la république de Guinée (BCRG) impliquant plusieurs cadres du Trésor public, du ministère des Finances et de la Banque centrale, indique-t-on de sources proches des milieux économiques et financiers à Conakry.

"Mme Boiro revenait du travail où elle avait participé à une réunion de cabinet au ministère du Budget. Son chauffeur était au volant de son véhicule. Il a été accosté par une autre voiture d’où sont sortis des hommes dont l’un était en uniforme de l’armée guinéenne", a déclaré la source proche de la famille.

"Règlement de comptes"

"C’est ce dernier qui a tiré sur elle alors qu’elle était au téléphone", a ajouté cette source. Les assaillants ont ensuite "tiré des coups de feu en l’air pour terroriser les passants avant de disparaître dans l’obscurité", a affirmé cette source.

L’assassinat a été confirmé par une source proche du ministère délégué au Budget, qui a précisé que Mme Boiro avait bien assisté à une réunion de cabinet au ministère de 19HOO à 20H00.

"L’assassinat de Mme Boiro n’est, ni plus ni moins, qu’un règlement de compte entre cadres guinéens", a affirmé cette source. Au moins neuf personnes ont été arrêtées à la suite du démantèlement du réseau qui avait tenté de détourner des fonds publics. Une autre est en fuite.

"Dynamique" et "incorruptible"

Décrite par ses collaborateurs interrogés par l’AFP comme une femme "courageuse", "dynamique" et "incorruptible", Mme Boiro, âgée de 58 ans, était mariée et mère de quatre enfants.

La Guinée, ex-colonie française à l’histoire marquée par la violence politico-militaire depuis son indépendance en 1958, est rongée par une corruption endémique. La lutte contre ce fléau est une des priorités affichée par Alpha Condé, premier président démocratiquement élu de Guinée, en novembre 2010.

Le chef de l’Etat était sorti indemne, en juillet 2011, d’une attaque à l’arme lourde de son domicile privé de Conakry. Une soixantaine de personnes au total, dont des militaires, avaient été arrêtées après cette attaque et la plupart poursuivies pour "attentat contre la sûreté de l’Etat" et "tentative d’assassinat" du chef de l’Etat.

Dix-sept des accusés ont été libérés en mars à la faveur d’un non-lieu. Deux sont décédés en détention, les autres demeurent en prison.

Déjà 150 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici