Liberia : la présidente mise en cause par Prince Johnson, le Sénat enquête

Par AFP

L'ancien chef de guerre Prince Johnson, en novembre 2011 à Monrovia. © Issouf Sanogo/AFP

Le Sénat libérien a décidé vendredi d'enquêter au sujet de déclarations de l'ancien chef de guerre Prince Johnson, qui a récemment affirmé que la présidente Ellen Johnson Sirleaf avait été impliquée dans une fraude électorale au moment des législatives de 2011.

"Le Sénat libérien juge nécessaire d’interroger le sénateur Prince Johnson sur ses déclarations récentes", a déclaré à des journalistes son président, Gbehzogar Findly. Le Sénat a annoncé que le résultat de l’enquête serait rendu public.

Actuellement sénateur, l’ex-criminel de guerre Prince Johnson a assuré la semaine dernière à une radio locale qu’en 2011, il avait persuadé Mme Sirleaf d’ordonner à la commission électorale de déclarer un candidat vainqueur, avant même le décompte des voix, dans le fief de Nimba (nord) où il avait été élu sénateur en 2005. Selon ses dires, Mme Sirleaf avait donné son accord pour cette fraude, en échange du soutien de Prince Johnson à sa réélection à la présidence.

Démenti

La présidente n’a pas réagi aux propos de Prince Johnson, mais le chef de la commission électorale de l’époque, James Fromoyan, a démenti une quelconque fraude électorale. "Le sénateur Johnson ment. A aucun moment Mme Sirleaf ou moi-même n’avons discuté de cela", a-t-il dit.

Prince Johnson avait été élu sénateur en 2005. En 2011, il était arrivé troisième à l’élection présidentielle, derrière l’ex-star du football George Weah. Mme Sirleaf avait alors été réélue pour un second mandat à la tête du pays.

Prince Johnson s’était distingué par sa cruauté durant la période de guerres civiles qui ont ensanglanté le Liberia entre 1989 et 2003, faisant quelque 250.000 morts. En 1990, dans une vidéo qui a fait le tour du monde, ce chef de guerre avait été filmé en train de siroter une bière pendant que ses hommes torturaient le président renversé Samuel Doe, en lui arrachant les oreilles avant de le tuer.