Le pays pris entre immenses richesses du sous sol et mal gouvernance

Par APANEWS

La Guinée qui vient de perdre son Président avec la mort lundi, du Général Lansana Conté et un nouvel épisode militaire, est un pays potentiellement riche, mais où tout semble bloquée depuis des décennies.

Le pays possède les 2/3 des réserves mondiales de bauxites (pour produire de l’aluminium), du de qualité, de l’or, de l’uranium et des potentialités agricoles et hydrographiques énormes. Il y’a plus 1300 cours d’eau en Guinée. L’eau et l’électricité, ainsi que nombre d’infrastructures n’ont connu de grandes réalisations, ni sous Sékou Touré ( 1958 – 1984) ni sous Lansana Conté, qui vient de mourir, après près d’un quart de siècle de pouvoir.

Sékou Touré avait opté pour un régime socialiste mal maîtrisé, entrainant des pléthores dans les entreprises d’Etat et l’inefficacité. L’arrivée de Lansana Conté avait suscité de l’espoir malheureusement vite déçu. Conté avait, dès sa prise de pouvoir, opté pour le libéralisme, ouvrant le pays et favorisant le retour de milliers de Guinéens de la diaspora, désormais rassurés par les nouvelles autorités.

Les privatisations portant sur plus d’une centaine d’entreprises d’Etat se révéleront, par suite, une occasion de bradage d’un côté et d’enrichissement pour les nouveaux maîtres du pays, d’un autre côté. Par son choix économique, l’Etat a cessé de faire le commerce, laissant cette activité à des privés qui, pour n’avoir jamais été soumis à une quelconque réglementation, se sont livrés à des surenchères.

Le secteur des mines qui fournit à l’Etat l’essentiel de ses devises, n’a jamais été au mieux de sa forme. En 2007, l’apport des entreprises minières (exploitation de la bauxite, de l’or, du diamant etc) était estimé à seulement quelque 120 millions de dollars USD, enregistrés aux finances publiques Mal gouvernance et corruption sont passées par là.

Lors d’un point de presse donné récemment à Conakry, la représente Afrique de la Banque mondiale avait invité les autorités à combattre la corruption dans le pays. Selon l’indice de développement humain (IDH) de 2007, Un Guinée sur deux gagne moins de 1 dollars US par jour. La planche à billet pratiqué à partir des années 2000 a provoqué une inflation, qui s’est aggravée en 2006 à près 42%.

Le gouvernement de consensus dirigé par le Premier ministre Lansana Kouyaté, après la crise sociale de l’année dernière, avait tenté de mettre un peu d’ordre dans le secteur des mines. Cela devait passer par la mise en oeuvre de nouvelles conventions, en vue de générer suffisamment de ressources pour lancer le développement du pays. Très vite, il à buté sur des résistances qui ont finalement abouti à son limogeage en mai dernier.

Depuis, le dossier de la révision des conventions minières a été rangée dans des tiroirs. Autant de désillusions et d’espoirs déçus en un demi siècle d’indépendance semblent rendre les populations moins portées à l’euphorie, à l’annonce d’un nouveaau pouvoir. Aussi, ont-elles continué mardi, à vivre quasi comme si rien ne venait de se passer dans leur pays, pourtant frappé de deuil et inondé de communiqués militaires annonçant un retour à un autre ordre.

Les populations de Conakry ne sont pas allés au travail ce mardi, préférant généralement rester à la maison, pour suivre à la télé ou à la radio, l’évolution de la situation, après la double annonce de la mort du Président Lansana Conté et de la dissolution des Institutions, selon un communiqué militaire. Le plus grand marché de la capitale Madina a ouvert, même si certains commerces sont restés fermés.

Dans les quartiers de la banlieue que sont Matam, Matoto, Sangoya, Coléyah, Enta, tout comme au centre-ville de Kaloum, les habitants de la capitale vaquent à leurs occupations, avec tout de même, très peu de personnes dans les rues. Les véhicules et taxis circulent. L’administration publique est restée fermée et les entreprises privées au ralenti.