Kenya : les Chinois construisent une nouvelle ligne Nairobi-Mombasa

Par Jeune Afrique

Les autorités kényanes espèrent réduire de 60 % les coûts du transport de marchandises, l'un des principaux obstacles aux investissements. © AFP

La construction d'une seconde ligne de chemin de fer Nairobi-Mombasa a été lancée le 28 novembre. Le projet, estimé à environ 14 milliards de dollars, s'étendra à terme à l'Ouganda et au Rwanda.

Le Kenya, qui veut renforcer sa position de hub logistique en Afrique de l’Est, a lancé le 28 novembre la construction d’une ligne de chemin de fer de 13,8 milliards de dollars. La construction de la nouvelle ligne Nairobi-Mombasa a été confiée à l’entreprise publique chinoise China Road and Bridge Corporation (CRBC), qui vient de construire une extension du port de Mombasa, et sera en partie financée par la banque d’import-export China Exim Bank. Les travaux devraient être achevés d’ici à 2017 selon les autorités kényanes.

Grâce à cette ligne, « l’Afrique de l’Est va devenir une destination compétitive pour les investissements […] et une Afrique de l’Est en expansion, c’est bon pour le pays », a déclaré Uhuru Kenyatta, le chef d’État kényan.

Quatre heures

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Les autorités kényanes espèrent réduire de 60 % les coûts du transport de marchandises, l’un des principaux obstacles aux investissements.

Seule une ancienne ligne en mauvais état, héritée de la colonisation britannique, relie aujourd’hui Nairobi à Mombasa, et les trains mettent plus de douze heures pour parcourir les 450 km de savane qui séparent les deux principales villes kényanes. L’exploitant, RVR (détenu par le financier Citadel Capital), travaille à rénover et à rendre plus efficace cette voie qui va jusqu’en Ouganda. Avec le soutien d’importants bailleurs de fonds, RVR espère booster le fret ferroviaire, qui représente une part dérisoire du transport de marchandises entre Nairobi et Mombasa, la grande majorité des biens importés étant transportés par camion.

Avec la ligne construite par les Chinois, dont l’écartement sera conforme aux pratiques habituelles (ce qui n’est pas le cas de l’ancienne ligne), le trajet en train entre Nairobi et Mombasa sur la nouvelle ligne ne devrait durer que quatre heures. Cette même ligne devrait ensuite être prolongée jusqu’à Kampala, en Ouganda, puis Kigali, au Rwanda, et potentiellement jusqu’au Soudan du Sud.

Aucune précision n’a été donnée sur le nom du futur gestionnaire de la nouvelle ligne.

Laissés-pour-compte

Ce projet s’ajoute en tout cas à d’autres projets majeurs d’infrastructures entre le Kenya, l’Ouganda et le Rwanda, notamment dans le secteur pétrolier – des projets d’oléoducs et de raffineries sont en discussion.

L’opération est loin de satisfaire tous les pays de la région. La Tanzanie a ouvertement dénoncé ce triangle régional qui la laisse, elle comme le Burundi, cinquième pays de la Communauté d’Afrique de l’Est, sur le bord de la route. « Veulent-ils nous pousser vers la sortie ? », s’est publiquement interrogé début novembre le président tanzanien Kakaya Kikwete. Le ministre burundais en charge des Transports, Déo Rurimunzu, a annoncé le 28 novembre que son pays, avec la Tanzanie mais aussi la République démocratique du Congo, venait de s’engager à développer plusieurs projets communs dans les transports – notamment ferroviaires – et l’énergie. Le ministre a assuré qu’il ne s’agissait pas d’une « réaction au fait que le Kenya, l’Ouganda et le Rwanda […] ont décidé de développer un certain nombre de projets spécifiques ». Mais il a tout de même regretté et s’est « inquiété » du fait que ces trois pays veuillent développer seuls leurs projets.

Le 28 octobre, le Kenya, l’Ouganda et le Rwanda se réunissait pour un sommet à Kigali en l’absence de leurs deux partenaires de la Communauté d’Afrique de l’Est.

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