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Immigration : les damnés de la mer

Des personnes fuyant la guerre en Libye, au large des côtes tunisiennes. © AFP/Francesco Malavolta

L'année 2011 a été la plus meurtrière en mer : 1 500 personnes noyées ou disparues lors de leur tentative de traversée de la Méditerranée vers l'Europe. Une des conséquences du printemps arabe qui a contraint des milliers d'hommes et de femmes à quitter leur pays.

C’est un bien triste record dont le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) a fait état, le 31 janvier, lors d’une conférence de presse à Genève : 1 500 personnes se sont noyées ou ont été portées disparues en Méditerranée au cours de l’année 2011 en tentant de gagner l’Europe. Le chiffre le plus élevé jusque-là (630 personnes) remontait à 2007. Alors qu’en 2009 et 2010 les mesures de contrôle aux frontières avaient considérablement réduit ces migrations, le tableau a changé l’an dernier avec la révolution tunisienne et la guerre en Libye, qui ont poussé des milliers d’hommes et de femmes à fuir l’insécurité ou la misère.

Selon le HCR, ils sont 58 000 – un chiffre sans précédent – à avoir afflué en Europe durant le premier semestre de 2011, dont 56 000 en Italie, les 2 000 autres s’étant réfugiés à Malte ou en Grèce. Après avoir interrogé ces nouveaux arrivants et ceux qui ont échoué dans leur tentative, le HCR a constaté qu’il s’agissait pour la plupart de travailleurs migrants et non de réfugiés politiques.

Depuis le début de 2012, au moins dix-huit personnes en provenance de Libye ont péri en mer, parmi lesquelles douze femmes, deux hommes et un bébé somaliens qui vivaient à Tripoli. Le HCR a par ailleurs tenu à féliciter les autorités italiennes, libyennes et maltaises, dont les opérations de secours ont permis de sauver près d’une centaine de personnes.

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