Chine : dissidents sous pression

L'activiste chinois Hu Jia arborant un portrait de Chen Guangcheng, l'avocat aveugle. © How New/Reuteurs

Arrestations en série, lourdes condamnations... Avant le Congrès du Parti communiste chinois (PC), en octobre, les autorités font le ménage. Ambiance...

« Il est temps, peuple de Chine, d’utiliser vos pieds pour vous rendre sur la place et faire un choix. » Ces quelques mots de l’écrivain chinois Zhu Yufu ont été postés sur internet il y a tout juste un an. Ils lui valent aujourd’hui une inculpation pour subversion. Il risque dix ans de prison. Tout comme Liu Xianbin, Chen Wei et Chen Xi, trois autres dissidents condamnés ces derniers mois à de lourdes peines.

Un seul a réussi à fuir : Yu Jie, aujourd’hui réfugié aux États-Unis. « En 2011, j’ai été privé de liberté pendant la moitié de l’année. Soit j’étais éloigné de force de Pékin, soit j’étais placé sous résidence surveillée illégale », a-t-il témoigné à son arrivée. Il parle aussi des violences dont il a été victime : « Plusieurs personnes m’ont battu au point que je me suis évanoui. »

La Chine craint la contagion

Depuis 2011 et le Printemps arabe, le gouvernement chinois a placé sous très haute surveillance l’ensemble des dissidents. Craignant une contagion démocratique, il a bâillonné les plus téméraires : l’activiste Hu Jia, l’artiste Ai Weiwei ou encore Chen Guangcheng, l’avocat aveugle. Tous assignés à résidence et harcelés par la police. Sans compter Liu Xiaobo, le Prix Nobel de la paix, qui purge une peine de onze ans de réclusion.

Dans son dernier rapport, l’ONG Human Rights Watch résume d’une phrase la situation : « […] La Chine reste un État à parti unique autoritaire qui entrave […] les libertés d’expression, d’association et de religion ; qui rejette ouvertement l’indépendance judiciaire et la liberté de la presse ; qui restreint et réprime arbitrairement les défenseurs des droits humains […], souvent en recourant à des mesures extrajudiciaires. »

Ces quelques centaines de dissidents ne sont pas les seules victimes de ce durcissement. À quelques mois d’une transition politique importante à l’issue de laquelle, selon toute apparence, Hu Jintao laissera sa place à la tête du Parti communiste à Xi Jinping, les autorités font le ménage. Selon Reporters sans frontières, au moins trente-quatre journalistes ont été emprisonnés l’an dernier, au nom de « lois ambiguës sur l’incitation à la subversion ». Une répression jamais vue depuis les événements de Tiananmen, en 1989. « L’atmosphère générale est plus tendue, c’est ce que veulent les conservateurs et les partisans d’une ligne dure », explique Nicholas Bequelin, de Human Rights Watch à Hong Kong. Les autorités invoquent pour leur part une « stricte application de la loi ».

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