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Côte d’Ivoire : le fabricant d’huile de palme Palmci décolle

La production de l'année écoulée est attendue à 291 563 t, contre 241 326 en 2010. © Issouf Sanogo/AFP

En 2011, Palmci, le fabricant ivoirien d'huile de palme, devrait afficher un résultat de 293 %. Pour la première fois depuis 2008, il pourrait verser des dividendes.

Acheter ! Voilà, en résumé, le conseil des analystes sur Palmci, dont 21,99 % du capital est coté à la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM). Il faut dire que les performances du producteur ivoirien d’huile de palme peuvent donner le sourire. Le titre a progressé de 10,91 % en 2011, malgré la crise mondiale et le conflit post­électoral en Côte d’Ivoire. Pendant le même temps, l’indice BRVM 10 (les 10 premières valeurs) a accusé une baisse de 13,53 %…

Détenue à 52,51 % par le groupe Sifca, la société bénéficie du dynamisme général du secteur agricole, porté par la hausse des prix des matières premières. Si le cours de l’huile de palme a baissé régulièrement en 2011 – passant d’un pic de 3 988 ringgits (957 euros) la tonne, le 11 février dernier, à la Bourse de Kuala Lumpur, à 2 971 ringgits le 30 décembre -, la moyenne annuelle reste supérieure aux années passées. Les performances de Palmci s’en ressentent fortement depuis deux ans. Son résultat net en 2010 a approché 6,1 milliards de F CFA (9,3 millions d’euros), en hausse de plus de 120 % par rapport à 2009. En 2011, il pourrait, selon Bici Bourse (groupe BNP Paribas), approcher les 24 milliards de F CFA – les chiffres n’ont pas encore été officiellement publiés -, ce qui représenterait une progression de 293 % !

Demande soutenue

De nombreux indicateurs laissent à penser que le secteur de l’huile de palme poursuivra sa progression. Face à une hausse constante de la consommation mondiale (plus de 48 millions de tonnes en 2010-2011, soit 5 % de plus qu’en 2009-2010), tirée principalement par l’Asie, la surface cultivée ne cesse de progresser. La pression sur les terres arables asiatiques pousse de nombreux groupes (lire encadré) à investir en Afrique.

La production africaine d’oléagineux est en outre largement inférieure aux besoins locaux. Le déficit pour les quinze pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) est de 500 000 t et devrait atteindre 1,5 million de tonnes en 2020, selon la Société financière internationale (SFI). Concernant l’huile de palme, l’Afrique ne représente encore que 5,6 % de la production mondiale.

Dans ce contexte de tension, Palmci devrait continuer de bénéficier de prix relativement élevés et d’une demande soutenue. Sa production devrait d’ailleurs avoir atteint 291 563 t en 2011, contre 241 326 t en 2010. « La société a, de plus, mis en place un plan de restructuration de sa dette, qui s’étalait de 2008 à 2011, explique Patrice N’Zi, responsable de la recherche au sein de Bici Bourse. Le remboursement de celle-ci a été un peu retardé à cause de la crise ivoirienne, mais devrait être intégralement clos mi-2012. »

L’année 2012 pourrait permettre à Palmci de redistribuer le fruit de ses performances. Privés de dividendes depuis 2008, les actionnaires seront certainement gratifiés. « Nous prévoyons une forte progression du cours, d’abord à l’annonce des résultats, puis du dividende, qui sera payé en juin », précise Patrice N’Zi. Le titre était coté 16 005 F CFA le 25 janvier, pour une capitalisation boursière de 123,7 milliards de F CFA (3,88 % de la capitalisation totale de la BRVM), mais, selon Bici Bourse, il pourrait atteindre près de 25 000 F CFA en fin d’année. 

L’offensive asiatique

À la recherche de surfaces cultivables pour produire de l’huile de palme, les agro-industriels asiatiques ne cessent de progresser sur le continent, note Bici Bourse. Le malaisien Sime Darby, qui y dispose déjà de 525 000 ha en production, a commencé les plantations sur les 220 000 ha qu’il détient au Liberia. La même société est par ailleurs toujours en négociation avec le Cameroun, où elle espère acquérir 300 000 ha. L’indonésien Golden Agri Resources a, lui, signé un contrat au Liberia, tandis que le singapourien Wilmar a racheté à Unilever une plantation au Ghana. Wilmar est également présent au capital de Palmci et de sa maison mère Sifca via Nauvu, coentreprise formée avec son compatriote Olam. Ce dernier détient en outre 300 000 ha au Gabon dans le cadre d’un autre joint-venture.

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