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Cedeao : Ouédraogo à la relance

La mission de Kadré Désiré Ouédraogo : redynamiser la Cedeao. © D.R.

L'ancien Premier ministre burkinabè, Kadré Désiré Ouédraogo, a été élu à la tête de la Commission de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest. Une sorte de retour aux sources pour l'intéressé...

Blaise Compaoré aura finalement réussi à imposer Kadré Désiré Ouédraogo à la présidence de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Sa nomination, lors du sommet extraordinaire des chefs d’État de l’institution, le 17 février, à Abuja, au Nigeria, met fin à deux ans de suspense. Dans les coulisses, le Burkina et la Côte d’Ivoire oeuvraient depuis des mois pour faire plier Thomas Boni Yayi, qui souhaitait installer à ce poste l’un de ses fidèles, Jean-Marie Ehouzou. Grâce au soutien de Goodluck Jonathan (Nigeria) et de John Atta-Mills (Ghana), ils ont permis au chef de l’État béninois d’accéder à la présidence tournante de l’Union africaine en contrepartie de son engagement à ne plus briguer ce poste pour son compatriote.

Alassane Ouattara, le parrain ivoirien

Pour Ouédraogo, 58 ans, c’est un retour aux sources, puisqu’il a déjà occupé la fonction de secrétaire exécutif adjoint chargé des affaires économiques de la Cedeao (1985-1993) avant de devenir vice-gouverneur de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), puis Premier ministre du Burkina (1996-2000). Diplômé de HEC et licencié en sciences économiques de l’université Paris-I (Panthéon-Sorbonne), ce fils de Naba Koutou, roi mossi de Boussouma (à 80 km au nord de Ouagadougou), est un fin connaisseur des dossiers régionaux. Il était jusque-là ambassadeur du Burkina auprès de l’Union européenne (UE), l’un des premiers contributeurs de la Cedeao.

Avec l’aide de son parrain ivoirien, Alassane Ouattara, qui succède à Goodluck Jonathan comme président en exercice de la Cedeao, il aura à coeur de relancer des institutions communautaires âgées en moyenne de vingt ans. Entraves à la libre circulation des biens et des personnes, faiblesse des échanges entre les États membres (moins de 10 % du commerce régional), coopération monétaire et union douanière en berne, force armée de la Cedeao, l’Ecomog, sous le feu des critiques… La tâche s’annonce immense pour relancer tous ces chantiers et développer les infrastructures (routes reliant les différentes capitales, interconnexion électrique…). Objectif : faire de ce marché de près de 300 millions d’habitants – potentiellement la vingtième puissance économique mondiale – un espace attrayant pour les investisseurs privés du monde entier.

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