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Dossier

"Cet article est issu du dossier" «Burkina Faso : Compaoré face au changement»

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Burkina Faso : Georges Ouédraogo, hommage au Gandaogo national

Le percussionniste et chanteur est décédé le 2 février, à 65 ans. Héros de l'âge d'or de l'afro-funk, il était l'un des plus grands batteurs du continent.

Le concert accompagnant, le 26 janvier, la sortie de Burkina Faso : musiques modernes voltaïques, le livre du français Florent Mazzoleni, aura été sa dernière scène. Auteur, compositeur, batteur et arrangeur, Georges Ouédraogo s’est éteint le 2 février à la clinique du coeur à Ouagadougou. Surnommé le Gandaogo national (« celui qui ose », en mooré), il accordait tout son temps à son amour pour la musique depuis sa plus tendre enfance – au point qu’il arrêta l’école, au grand dam de sa mère.

Né en 1947 dans le village de Gogo, proche de la capitale, il fréquente à la fin des années 1950 le Tiko-Tiko Bar de Ouaga, où se produisent l’Ivoirien Antonio et ses Tcha Tcha Tcha Boys. En 1965, il intègre le Volta Jazz, à Bobo-Dioulasso. Deux ans plus tard, il sort son premier titre en mooré, Mam kamisoye. Il va ensuite tenter sa chance à Abidjan, à partir de 1969, où il évolue au sein du New System Pop, avant de rejoindre l’orchestre du trompettiste ivoirien Fax Clark au club Quartier latin.

Il sort ses plus grands succès dans les années 1970 avec son groupe, Bozambo.

En 1973, un autre musicien ivoirien, Jimmy Hyacinthe, l’invite à se joindre à lui et à Rato Venance pour créer le groupe Bozambo (« diminuer la tricherie », en mooré). Pendant trois ans, les compères feront le bonheur des meilleurs clubs d’Europe et sortiront plusieurs albums.

En 1978, Ouédraogo rentre au Burkina et poursuit sa carrière en solo. Il sort notamment Gnanfou Gnanfou et, en 1982, publiera un ultime album dans lequel il chantera OUA, en duo avec la jeune star ivoirienne Aïcha Koné. Depuis, avec les rééditions de sa douzaine d’albums – Gnou Zemes en 2000, Rosalie en 2003, Tingré (« Souvenir », en mooré) fin 2007 -, ses concerts et Le Bozambo, le maquis qu’il avait ouvert en 2004 près de chez lui, à Ouagadougou, pour promouvoir les jeunes artistes, il restait et restera le pionnier et porte-étendard de la musique burkinabè.

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