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Cet article est issu du dossier «Guinée : Alpha Condé à l'épreuve»

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Politique

Guinée : le cabinet du professeur Condé

De g à d., de h. en b., K. Bangoura, M. Diané, A. S. Sylla, et R. N'Diaye. © DR/Vincent Fournier pour J.A.

Outre les fidèles de longue date, Alpha Condé s'est entouré de personnalités qui l'ont rejoint peu avant son élection et ont gagné sa confiance.

Alpha Condé n’a pas un cabinet pléthorique, ce dernier ne comptant en effet « que » 42 membres – directeurs, conseillers spéciaux, conseillers techniques, chargés de mission, intendants et secrétaires compris. L’homme fort en est incontestablement Kabinet Sylla, intendant général de Sékoutoureya, le palais présidentiel, qui voit le chef de l’État quotidiennement. « Bill Gates », comme on le surnomme, a fait fortune dans l’import-export et il est connu pour avoir été l’un des financiers du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) quand le parti était dans l’opposition. Au deuxième étage du Petit Palais de Kaloum, où se trouve son bureau, il passe au crible toutes les dépenses du gouvernement. Raison pour laquelle il n’est que très modérément apprécié par certains ministres, qui se plaignent de lui auprès du chef de l’État.

Le tout-puissant Mohamed Diané, secrétaire administratif et numéro deux du RPG, est quant à lui réputé avoir permis au parti de survivre en l’absence de son chef (lorsque Alpha Condé était en prison ou en exil), et personne n’a été surpris que le premier décret de nomination du président Condé l’ait désigné comme directeur de cabinet.

Le conseiller en communication du chef de l’État, le journaliste Rachid N’Diaye, directeur de publication du mensuel panafricain Matalana, côtoie Alpha Condé depuis vingt-trois ans, sans jamais avoir milité au RPG. Il s’occupe plus particulièrement des relations avec les médias internationaux et pilote l’équipe chargée de la communication nationale au sein du bureau de presse de la présidence.

Le groupe, très restreint, des chargés de mission, se résume à une camarade de lutte de longue date, Aïssata Sinafakhè Sylla, et au neveu du chef de l’État, Mohamed Lamine Condé. Très proche de son président d’oncle, dont il a partagé l’intimité pendant longtemps en France, il est considéré comme l’ombre de celui-ci.

Ralliés. Le secrétaire général de la présidence, François Lonsény Fall, avec lequel le président discute de dossiers techniques et de politique nationale, et Alpha Ibrahima Keïra, son conseiller diplomatique, font partie des membres du cabinet avec lesquels Alpha Condé s’entretient le plus régulièrement. Ministre des Affaires étrangères pendant deux ans (juin 2002-février 2004) et Premier ministre pendant deux mois (février-avril 2004), François Lonsény Fall, candidat à la présidentielle de 2010 du Front uni pour la démocratie et le changement (Fudec, 0,46 % des suffrages au premier tour) a rallié l’Alliance Arc-en-Ciel au second tour. Et le Fudec a fusionné avec le RPG mi-janvier dernier. Proche de Lansana Conté, dont il était le beau-fils, Alpha Ibrahima Keïra, leader du Parti républicain (PR) et candidat à la dernière présidentielle (0,25 % des suffrages), a également rejoint l’Alliance Arc-en-Ciel au second tour.

Les questions militaires sont quant à elles l’affaire d’un rescapé du régime Dadis Camara, le général Bouréma Condé, chef d’état-major particulier du président. Il a pesé de tout son poids pour faire accepter à Condé l’idée de déménager à Sékoutoureya après l’attaque de son domicile, le 19 juillet 2011.

Enfin, s’il est une personnalité qui monte dans le système Condé, c’est Naby Youssouf Kiridi Bangoura. Cet ancien ponte du régime Conté, nommé chef du cabinet présidentiel en décembre 2010, avec rang de ministre, occupe aussi la fonction de porte-parole de la présidence depuis décembre 2011. Il a apporté toute son expérience à la candidature d’Alpha Condé lors des deux tours de la présidentielle, en tant que directeur adjoint de campagne. Il a gagné la confiance du chef de l’État, à tel point que ce dernier, à qui l’on reproche sa propension à vouloir tout contrôler, lui laisse toute latitude pour s’entretenir, sans instructions précises, avec une presse guinéenne pourtant politiquement très marquée. 

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