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Cameroun : Maurice Kamto, candide ou candidat ?

Maurice Kamto, en 2008 à Calabar au Nigéria. © AFP

Maurice Kamto se défend de toute ambition politique. Mais sa récente démission du gouvernement camerounais alimente bien des rumeurs.

La plainte a été déposée le 14 mars auprès d’un tribunal de Yaoundé. Le mis en cause : Maurice Kamto, 58 ans, ancien ministre délégué à la Justice, poursuivi pour – entre autres – plagiat. Le plaignant : James Mouangue Kobila, un enseignant de droit à l’université de Douala, qui lui reproche, ainsi qu’à Jean-Claude Tcheuwa, un autre professeur agrégé de droit public, d’avoir omis de mentionner son nom lors de la réédition d’un manuel juridique qu’ils avaient cosigné en 2003. À première vue, l’affaire n’est qu’une banale querelle d’universitaires où Mouangue l’ancien étudiant règle ses comptes avec Kamto le maître autrefois vénéré – qui, de son côté, l’attaque en diffamation. Mais elle prend un relief particulier au regard de la personnalité du principal protagoniste. Véritable icône nationale, Kamto était entré au gouvernement en 2004 en récompense de son rôle déterminant dans la résolution du conflit de Bakassi plaidé devant la Cour internationale de justice – celle-ci fit prévaloir la souveraineté du Cameroun sur cette presqu’île que lui disputait le Nigeria.

Fin lettré et essayiste, ancien doyen de la faculté des sciences juridiques de l’université de Yaoundé, président de la Commission du droit international de l’ONU, Kamto est une figure à la fois très en vue et réservée – en tout cas jusqu’à sa démission du gouvernement, le 30 novembre dernier. Car ce revirement qui fit grand bruit suscite bien des questions. Certes, celui qui se fait discret dans sa villa de Ngousso, à Yaoundé, a tenté d’expliquer les raisons de son geste lors d’une conférence de presse prévue le 25 janvier, que le pouvoir a fait interdire. Depuis, l’ancien ministre refuse toute interview. Ce qui ne l’a pas empêché d’écrire, dans un communiqué largement diffusé : « La tragédie se noue à nos portes : les conditions de vie infrahumaines du plus grand nombre et le chômage massif des jeunes, mêlés au chaos urbain, annoncent les explosions sociales à venir… »

Patriotisme

À ses détracteurs qui ironisent sur son passage au gouvernement, Kamto rétorque qu’il y est allé par « patriotisme » et rappelle son passé d’opposant dans les années 1990, au sein du Social Democratic Front de John Fru Ndi. Démissionnaire, donc, mais candidat à rien ? Qui peut le croire, à l’heure où beaucoup avancent leurs pions dans la perspective de l’après-Biya ?

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