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Affaire DSK : second round pour Nafissatou Diallo

Nafissatou Diallo est en congés maladie depuis son altercation avec DSK. © Behar Anthony/Sipa

La femme de chambre guinéenne, Nafissatou Diallo, veut être reconnue comme victime dans le cadre de l'affaire DSK. Déboutée au pénal, elle espère gagner au civil.

On l’avait presque oubliée. Naguère symbole des victimes de viol, la femme de chambre guinéenne qui, en mai 2011, a fait chuter l’un des hommes les plus puissants de la planète n’intéresse plus grand monde. Les débats autour de sa personnalité seront pourtant au coeur du second round de l’affaire Dominique Strauss-Kahn (DSK), qui a débuté le 28 mars. D’elle – dont l’image avait été écornée par les fausses déclarations et les versions contradictoires -, on se souvient tout juste d’un regard étrangement vide et d’une gestuelle théâtrale. Cette fois, le décor a changé, les enjeux aussi. Le tribunal du Bronx – réputé généreux envers les plus faibles -, et non plus celui de Manhattan, est chargé d’examiner la recevabilité de la plainte qu’elle a déposée au civil en août. Nafissatou Diallo, qui demande des dommages et intérêts, entend toujours être reconnue comme une victime.

Secrets

Depuis qu’elle a été déboutée au pénal, l’immigrée peule de 33 ans est retournée à ses secrets. Elle a quitté son petit appartement du Bronx et réside désormais dans un lieu tenu secret, sans protection policière, avec sa fille de 16 ans. Toujours salariée au Sofitel, elle est en congé maladie, disant souffrir de l’épaule depuis l’altercation dans l’hôtel. Celle qui avait été aimablement qualifiée de « très peu séduisante » par les avocats de l’ex-patron du Fonds monétaire international (FMI) compte garder la même ligne de défense. Elle est toujours soutenue par le très médiatique Me Kenneth Thompson.

Les avocats de DSK tenteront de faire valoir son immunité diplomatique, afin de faire classer l’affaire. Sauf que leur client, mis en examen en France le 26 mars dans l’affaire du Carlton pour « proxénétisme aggravé en bande organisée », est dans de sales draps. De quoi redonner un peu de crédit à Nafissatou, dont la conversation téléphonique avec un détenu de l’Arizona et les nombreux virements bancaires demeurent une énigme. Si sa plainte est jugée recevable, elle devra ressortir de l’ombre, pour s’expliquer à nouveau. 

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