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Zeine Ould Zeidane, un Mauritanien au FMI

La mission de Zein Ould Zeidane auprès de Christine Lagarde durera trois ans. © Vincent Fournier/J.A.

Ancien de la Banque mondiale, l'ex-Premier ministre Zeine Ould Zeidane retrouve le chemin d'une grande institution financière. Il a été nommé haut conseiller au FMI.

En soutenant l’ancienne ministre française de l’Économie Christine Lagarde au poste de directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) en 2011, le président mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz n’en espérait peut-être pas tant. Le 5 mars, Zeine Ould Zeidane, ancien Premier ministre (2007-2008), a été nommé haut conseiller de l’institution basée à Washington.

Depuis sa démission – forcée – en mai 2008, celui qui avait négocié la primature après l’élection présidentielle de 2007 (il était arrivé troisième avec 15,27 % des suffrages) piaffait d’impatience entre sa résidence de Nouakchott et son pied-à-terre parisien. Aisé certes, mais s’estimant largement sous-employé entre deux missions de conseil. Et trop jeune, à 45 ans, pour envisager la retraite. En dépit de ses bonnes relations avec le président Abdelaziz, il ne pouvait pas non plus espérer revenir sur la scène politique, tant il a perdu le soutien des Mauritaniens. Les hommes d’affaires sont déçus de son passage au gouvernement, les jeunes lui reprochent d’avoir composé avec la vieille garde politique, et les habitants de l’Est – d’où il est originaire – de ne pas avoir partagé le pouvoir.

Aura

Ould Zeidane a trois ans, durée de sa mission au FMI, pour retrouver l’aura économique qui l’a fait briller par le passé. Détenteur d’un doctorat en mathématiques appliquées (université de Nice) et d’un DEA en économie, l’homme a vécu une ascension fulgurante : trésorier à la Générale des banques de Mauritanie, puis analyste au ministère des Affaires économiques, avant de rejoindre, en 2000, l’antenne de la Banque mondiale à Nouakchott.

Un économiste intelligent, intègre et intransigeant, disent de lui ses collaborateurs de l’époque. Conseiller économique du président Maaouiya Ould Taya à partir de 2002, il a été nommé gouverneur de la banque centrale en 2004, poste qu’il a conservé malgré le coup d’État militaire de 2005. Annulation de la dette multilatérale en 2006, enraiement de la baisse de l’ouguiya, nettoyage et redressement des comptes… Son bilan est fameux et, à l’époque, ses allers-retours entre Nouakchott et Washington sont déjà nombreux. Au FMI, Zeine Ould Zeidane arrive donc en terrain connu.

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