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"Cet article est issu du dossier" «Histoire : l'avant-garde nègre»

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L’avant-garde nègre – XVIe siècle : Alexandre de Médicis

Alexandre de Médicis fut le premier Afro-Européen connu à diriger une administration publique. © D.R Jacopo Pontormo

Au XVIe siècle, Alexandre de Médicis a été duc de Toscane de 1531 à 1537.

L’Histoire a retenu le surnom de son meurtrier, Lorenzaccio. Sans doute parce que le poète et dramaturge français Alfred de Musset a consacré à celui qui s’appelait Lorenzino de Médicis (1514-1548) une célèbre pièce… Pourtant, la vie de celui qu’il a assassiné le 6 janvier 1537 mériterait elle aussi d’être racontée dans le détail. En tant que duc de Florence (Italie), il fut en effet « le premier Afro-Européen connu à diriger une administration politique majeure au début de l’ère moderne », comme l’écrit l’historien John Brackett dans Les Africains noirs en Europe à la Renaissance (MAT Éditions).

Alexandre de Médicis, dit le Maure, était le fils d’une esclave africaine, Simonetta de Collevecchio, qui fut vraisemblablement émancipée en échange de l’abandon de son enfant. La question du père, elle, n’est toujours pas tranchée : selon les uns, il s’agirait du duc Lorenzo de Médicis ; selon les autres, de Giulio de Médicis, le futur pape Clément VII. Toujours est-il qu’Alexandre fut élevé comme un noble à Urbino, siège du duché, puis à la cour de l’empereur Charles Quint, où il servit comme page. « Alexandre était hautement instruit, savait lire et écrire le latin, connaissait bien les classiques anciens et la poésie », rappelle John Brackett, ajoutant qu’« il avait été formé et était qualifié dans les arts de combat ».

Après la capitulation de la République florentine et la réconciliation entre le pape et Charles Quint, Alexandre devient duc de Toscane en 1531. Son règne jusqu’en 1537 est plutôt brutal : non-respect des institutions républicaines, réquisition des armes des citoyens, confiscation des biens de ses opposants, exécutions sommaires, empoisonnements… Son cousin Lorenzaccio, avec qui il a eu une relation d’amitié intense, tumultueuse et dissolue, lui tend un guet-apens et le poignarde en 1537. Le Maure est enterré dans la basilique San Lorenzo de Florence, dans le tombeau de son père sur lequel son corps a été déposé. 

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