Photographie : résistances sénégalaises

Plus de 200 photographies retracent ces longs mois qui ont agité le Sénégal. © AFP

Une exposition et un livre reviennent sur les mouvements de révolte qui ont marqué la campagne présidentielle.

Des barricades et une jeunesse déterminée, des scènes de guérilla urbaine, la mort qui rôde… Les clichés pris au Sénégal par vingt photographes de presse (pour l’essentiel sénégalais) entre le 23 juin 2011 – date de la modification de la Constitution du pays permettant au président Wade de briguer un troisième mandat – et la proclamation des résultats de l’élection présidentielle le 30 mars 2012 rappellent le courage des opposants à « Gorgui », l’engagement de la société civile et la violence des affrontements entre manifestants et forces armées.

Plus de 200 photographies retracent ces longs mois qui ont agité le Sénégal. Elles montrent les figures charismatiques de la contestation (Y’en a marre, Youssou Ndour…), la campagne des différents candidats, et rendent hommage à ces milliers d’anonymes descendus dans la rue pour défendre la démocratie. Regroupés au sein d’une exposition organisée dans un premier temps au centre culturel dakarois Raw Material Company, dirigé par la Camerounaise Koyo Kouoh, ces travaux offrent aux Sénégalais la possibilité d’une catharsis et l’occasion d’exorciser la violence qui a défiguré le « printemps sénégalais » et fait 6 victimes. « Comme on a pu le voir pendant les différents mouvements de révolte sociale qu’ont vécus les pays du Maghreb et du Proche-Orient tout au long de l’année 2011, explique Koyo Kouoh, les réseaux sociaux, la photographie et la vidéo ont massivement contribué à la démocratisation et à la dissémination de l’information. »

Le catalogue de l’exposition qui se poursuivra durant la biennale Dak’Art du 11 mai au 9 juin à la Biscuiterie de Médina regroupe des textes écrits par des philosophes, des universitaires, des écrivains et des journalistes qui tirent les enseignements de cette période trouble. « La maturité démocratique et la passion pour la politique des Sénégalais, liées à une culture de paix profondément ancrée dans la mentalité du pays, nous ont permis l’heureuse issue d’une alternance réussie malgré les multiples embûches et obstacles qui ont parsemé son chemin », analyse Koyo Kouoh. On ne peut que s’en réjouir. 

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