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RDC : le business plan d’Augustin Matata

Le Premier ministre de RDC Augustin Matata Ponyo, le 19 avril 2012 à Kinshasa. © AFP

Après cinq mois perdus en querelles électorales, le Premier ministre congolais Augustin Matata Ponyo veut mettre le nouveau gouvernement au travail. Et ce ne sont pas les chantiers qui manquent...

Sans surprise, l’Assemblée nationale congolaise a approuvé, le 9 mai, le programme d’action présenté par Augustin Matata Ponyo, le Premier ministre nommé le 18 avril. Un feu vert au nouveau gouvernement, qui se met au travail cinq mois après les élections présidentielle et législatives du 28 novembre 2011. Contrairement à la précédente, la nouvelle équipe ne compte pratiquement aucun chef de parti. Matata Ponyo, soutenu par Joseph Kabila, a voulu, confie une source, « que ses ministres soient pour l’essentiel des jeunes, sans passé politique lourd ». Il a tenu également à garder sous sa responsabilité directe le portefeuille des Finances, confié à un ministre délégué. 

La feuille de route du Premier ministre se fixe pour objectifs : la bonne gouvernance, gage d’une meilleure efficacité de l’État ; le développement des infrastructures de base, qui font défaut et freinent le décollage du pays ; la redynamisation des principaux secteurs de production ; enfin, l’amélioration des conditions de vie des Congolais, alors que 80 % des personnes en âge de travailler sont sans emploi et que 71 % de la population vit avec moins de 1 dollar par jour.

Corruption et impunité

Pour attirer les investisseurs, le gouvernement devra remplir certains préalables, comme l’assainissement du climat des affaires (la RDC occupe la 178e place sur 183 dans le dernier classement Doing Business de la Banque mondiale) et l’amélioration de la production énergétique. Il devra aussi lutter sans merci contre la corruption et l’impunité.

Matata Ponyo va-t-il, peut-il, gouverner autrement ? Le 3 mai, il a présidé une réunion à laquelle tous ses ministres étaient conviés. Horaire du rendez-vous : 8 heures du matin. Selon un témoin, les retardataires n’ont pas été autorisés à entrer.

Autre exemple, la transparence dans la gestion. Elle a conduit à la mise sur pied d’une commission comprenant notamment des représentants du gouvernement et de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Les responsables de cette dernière, dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle a échoué à organiser correctement les dernières élections, devront justifier l’usage des fonds qui lui ont été attribués. Enfin, selon l’un de ses proches, Matata n’hésitera pas à sévir au moindre manquement de ses collaborateurs, qui ont l’obligation de déclarer leur patrimoine avant d’entrer en fonction. Chacun d’entre eux a reçu une feuille de route et un calendrier précis. Et devra régulièrement rendre des comptes. 

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