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Angola : contre les clandestins, tous les coups sont permis

Des expulsés congolais à la frontière avec la RDC en novembre 2011. © gwenn Dubourthoumieu/AFP

Expulsions massives, violences sexuelles... Human Rights Watch s'inquiète de la brutalité des méthodes utilisées par l'Angola contre les immigrés clandestins congolais.

C’est devenu une habitude. Chaque année, des milliers de Congolais en situation irrégulière sont arrêtés par les autorités angolaises et renvoyés manu militari dans leur pays. Selon Human Rights Watch (HRW), on a recensé « 55 590 expulsions, avec des pics confirmés en mai et en octobre 2011 », pour la seule période allant du 29 mars au 31 décembre 2011. Dans un rapport publié le 21 mai, l’organisation de défense des droits de l’homme a également répertorié 3 770 cas de violences sexuelles : viols, viols collectifs, contraintes sexuelles, fouilles corporelles vaginales et anales sans utilisation de gants et autres humiliations sexuelles… Ces faits ont touché en grande majorité des femmes (2 526 cas), mais aussi des filles (316) et des hommes (928). À cela s’ajoutent 12 647 cas de violences physiques (torture, passages à tabac, emprisonnement dans des conditions dégradantes et privation de nourriture), 13 626 cas de détention prolongée et 12 647 cas de vol… Les conclusions sont accablantes.

"Invasion silencieuse"

Les expulsions massives d’étrangers, originaires pour l’essentiel du Congo-Kinshasa, ont commencé en 2003. Pour Luanda, ces actions musclées sont menées dans le cadre de « la protection de la sécurité nationale » contre ce qui est considéré comme une « invasion silencieuse ». Les mauvais traitements commencent au moment des rafles, généralement dans les zones situées non loin des frontières communes, et se poursuivent durant l’acheminement vers les lieux de détention, puis pendant la détention et lors de l’expulsion.

La question des migrants est devenue très sensible entre la RDC et l’Angola. Pendant longtemps, Kinshasa s’est contenté d’adopter un profil bas. Jusqu’à ce que, sous la pression de son opinion, le gouvernement décide de réagir vigoureusement : c’était en septembre et octobre 2009. Au cours de cette période, quelque 40 000 Angolais vivant sur son territoire avaient dû regagner leur pays. HRW souligne que Luanda n’a jamais mené d’enquête sérieuse pour se rendre compte des violations des droits de l’homme auxquelles se livrent les différents services de sécurité. 

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