États-Unis – Afrique : en mode action dans les infrastructures

Pour les sociétés de BTP, l'attentisme n'est plus de mise. Elles n'hésitent plus à démarcher les gouvernements locaux et s'impliquent en amont.

Longtemps cantonnées à la réalisation d’équipements liés aux grands projets d’hydrocarbures ou miniers à travers le continent, les entreprises américaines de BTP cherchent ces dernières années à varier les plaisirs. C’est le cas de la première d’entre elles, Bechtel, présente sur le continent depuis 1958. Le géant californien construit toujours des pipelines en Algérie ou des usines de liquéfaction de gaz en Angola et en Guinée équatoriale, mais, depuis 2010, il aide également le Gabon dans la définition et la mise en place du plan directeur pour les nouvelles infrastructures voulu par le président, Ali Bongo Ondimba. Bechtel a même pris la direction de l’Agence nationale des grands travaux (ANGT), chargée de coordonner les nombreux projets (routes, ports, aéroports, logements) censés voir le jour d’ici à 2016 pour 18 milliards d’euros.

Au Gabon, le californien Bechtel a pris la direction de l’Agence nationale des grands travaux.

Cinquième compagnie américaine par son chiffre d’affaires en 2011 selon Forbes, elle ne compte pas en rester là et vise de nouveaux marchés en Afrique. Son président Europe, Afrique et Moyen-Orient, David Welch, s’est rendu en Tunisie début mars pour rencontrer ses responsables politiques et leur signifier la volonté de l’entreprise de se positionner sur le marché tunisien des infrastructures. D’autres sociétés américaines s’intéressent de très près au secteur. General Electric a signé début 2012 un contrat pour la construction d’une usine de montage de locomotives destinée à la Nigerian Railway Corporation (NRC), pendant qu’Acrow Bridges, qui multipliait depuis 2009 les contrats en Angola, lance le chantier d’un pont métallique en Afrique du Sud. Comme un symbole de la consolidation des relations entre partenaires africains et américains.