Étas-Unis – Afrique : les campus à l’heure du Cap

Par Jeune Afrique

L'African Business Club de la Columbia Business School compte déjà 80 membres. © Reuters

Dans les universités américaines les plus prestigieuses, les clubs d'étudiants tournés vers le continent se multiplient. Preuve que les mentalités évoluent.

Les universités américaines multiplient les rencontres ponctuelles avec des entrepreneurs africains, l’événement clé restant la conférence annuelle. La plus importante est sans aucun doute celle de la Harvard Business School, qui, lancée il y a quatorze ans, réunit près de un millier de participants. Les thèmes, souvent similaires – « L’Afrique rugissante » ; « De la crise aux opportunités » ou encore « Un continent inexploité » -, rappellent que l’Afrique est toujours présentée comme un acteur économique émergent avec ses success-stories peu connues ou pas reconnues et ses opportunités d’investissements.

Preuve de cet intérêt croissant, ces associations, bien loin d’être des regroupements communautaires, ne réunissent pas seulement des étudiants africains, mais attirent aussi tous ceux qui expriment un intérêt professionnel pour le continent. Le club de la Columbia Business School compte 80 membres, dont une vingtaine seulement sont d’origine africaine. À la Harvard Business School, le club fondé en 1997 rassemble entre100 et 150 étudiants chaque année, et moins de la moitié d’entre eux viennent d’un pays africain. Sur le plan financier, ces associations bénéficient la plupart du temps d’un soutien de l’université, d’entreprises et de donations d’anciens élèves.

Reconnaissance

Promouvoir leur école – dont tous les élèves sortent avec de prestigieux diplômes – auprès de nouveaux étudiants africains est une autre des missions prioritaires de ces clubs. L’African Business Club de la Columbia Business School, à New York, a organisé pour la première fois cette année deux rendez-vous au Cap pour des étudiants sud-africains potentiels. Newsletters qui circulent entre membres, bourse à l’emploi… ces associations bâtissent un solide réseau de connaissances et d’accès à différents postes. Les anciens – mentors, sponsors ou nouveaux employeurs – y jouent un rôle essentiel. Lors des conférences, ils viennent souvent faire part de leur expérience professionnelle en tant qu’invités d’honneur. Diplômé de Harvard, l’Ivoirien Thierry Tanoh, ancien vice-président Afrique de la Société financière internationale (SFI), filiale de la Banque mondiale, devenu le président d’Ecobank, a reçu une distinction lors de la conférence 2011 de la Harvard Business School. La reconnaissance d’une carrière déjà prestigieuse.