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Mort de Michael Jackson : Dr Murray et Mr Conrad

Conrad Murray a été jugé coupable d'homicide involontaire. © Pool New/Reuters

À l'occasion du troisième anniversaire de la mort de Michael Jackson, le 25 juin, France Ô revient sur l'affaire judiciaire qui a passionné la planète : le procès du médecin personnel de la star américaine.

« C’était David contre Goliath. Le monde entier s’est retourné contre moi. » C’est un homme apeuré, les larmes au bord des yeux, que dévoile le documentaire de Tom Roberts, Michael Jackson et le Dr Murray : une amitié fatale. Le réalisateur américain a suivi le médecin personnel du roi de la pop durant les six semaines de son procès en 2011. Muré dans le silence, refusant d’être appelé à la barre pour se défendre, Conrad Murray est davantage bavard face à la caméra de Tom Roberts. Il s’exprime enfin sur l’affaire : « Nous étions amis. Je n’aurais jamais trahi sa confiance », témoigne-t-il depuis sa maison de Las Vegas. Il raconte alors leur rencontre quelques années auparavant. En 2006, l’un des enfants de la star est malade lors d’un séjour à Las Vegas. Sur les recommandations de l’un de ses gardes du corps, Michael Jackson contacte le cardiologue, avec qui il se liera d’amitié au fil des ans. Au point de l’embaucher à temps plein pour 150 000 dollars (environ 110 000 euros à l’époque) par mois, six semaines avant son décès, afin qu’il l’aide à préparer son grand retour sur scène.

Conrad Murray n’a pas toujours connu l’opulence. Né en 1953 à Saint Andrew (Grenade), le futur médecin a été élevé par ses grands-parents jusqu’à ses 7 ans, âge auquel il rejoint sa mère, qui a émigré à Trinité-et-Tobago à la recherche d’un avenir meilleur. Le père ? Un médecin américain de Houston totalement absent des premières années de sa vie. Il ne le rencontrera qu’à l’âge de 25 ans. Déterminé, Conrad Murray n’a jamais rechigné au moindre effort. Il misera tout sur ses études qu’il poursuivra aux États-Unis dès 1980. En 1999, il ouvre son propre cabinet à Las Vegas. Lorsqu’il rencontre Michael Jackson, en 2006, sa situation financière n’est pas des plus reluisantes. Il ne parvient plus à entretenir sa luxueuse maison, ses dettes sont estimées à 750 000 dollars et il est en retard dans le versement d’une pension alimentaire.

La diffusion de ce documentaire – qui ne donne pas la parole aux proches du chanteur – sur NBC a fait grand bruit aux États-Unis. Les fans de Bambi n’ont guère apprécié de voir retransmis sur une chaîne à grande écoute ce qui pourrait s’apparenter à une opération com’ de la part du responsable de la mort de Michael Jackson, alors âgé de 50 ans, le 25 juin 2009. Conrad Murray a, en effet, été jugé coupable d’homicide involontaire et purge actuellement une peine de quatre ans de prison. On lui reproche d’avoir administré du Propofol, un puissant anesthésiant, à son célèbre patient, qui avait déjà ingurgité un mélange d’anxiolytiques et de décontractants (diazépam, lorazépam, midazolam…). Un cocktail qui fut fatal.

Michael Jackson égratigné

Alors qu’il préparait une tournée de cinquante dates (This Is It) à travers le monde pour l’été 2009 et le début de l’année 2010, Michael Jackson devait être au mieux de sa forme pour supporter les heures intensives d’entraînement et de répétition. Ruiné après son procès pour pédophilie en 2005, la star voyait en cette tournée le moyen non seulement de signer son grand retour sur scène mais aussi d’éponger ses dettes. Les avocats du Dr Murray ont dénoncé la pression que faisait subir à Michael Jackson le promoteur de la tournée, AEG. Or, il souffrait d’insomnie chronique qu’il essayait de combattre grâce à son « lait », le Propofol.

Les confidences du Dr Murray égratignent l’image de la star. Il décrit un homme faible, perdu, qui dormait avec une poupée, faisait pipi au lit, vivait reclus dans une chambre sale, sans hygiène… Ce que confirment les photographies prises par les services du coroner. Rien d’étonnant à ce que les fans de la star aient abhorré ce documentaire qui montre comment les avocats de la défense tentent de mettre sur pied une stratégie pour sauver leur client, qu’ils peinent à croire innocent… 

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