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France : RFI et France 24, mariés pour de bon

Le gouvernement français n'a pas remis en question la fusion RFI - France 24. © AFP

Nommé par Sarkozy, Alain de Pouzilhac a démissionné de la direction de l'Audiovisuel extérieur de la France. Mais le gouvernement socialiste ne remet pas en cause la fusion dont il était le maître d'oeuvre.

Alain de Pouzilhac, PDG de l’Audiovisuel extérieur de la France (AEF), a reçu cinq sur cinq le message du gouvernement socialiste et présenté sa démission, le 12 juillet, avant même le conseil d’administration extraordinaire qu’il avait convoqué. Grand ordonnateur de la fusion contestée entre la chaîne d’information France 24 et les radios RFI et Monte Carlo Doualiya (MCD), l’ancien patron de Havas, nommé par Nicolas Sarkozy en 2008, n’aura survécu que deux mois à l’accession à l’Élysée de François Hollande. Dans la lettre qu’il a adressée aux salariés, il dit prendre « acte du fait que l’État […] souhaite une nouvelle présidence » et considérer sa mission comme terminée.

Revendication

L’autre enseignement de ces derniers jours, c’est que l’État ne remettra pas en cause le rapprochement juridique des entités qui composent l’AEF (à l’exception de TV5 Monde), suivant les conclusions du rapport remis par Jean-Paul Cluzel. L’ancien président de RFI (de 1995 à 2004) avait été missionné en juin pour proposer des solutions au bras de fer opposant depuis des mois la direction aux syndicats de la radio. Ceux-ci ont néanmoins obtenu – et c’était leur première revendication – que les rédactions restent séparées. Une entité regroupant les services multimédias pourrait toutefois être créée.

Salué pour son travail, le service Afrique de RFI sort rassuré de cette crise. Mais refuse que la radio soit cantonnée à la seule couverture du continent. « Nos auditeurs sont aussi très intéressés par la marche du monde », plaide un journaliste. Dès le mois de septembre, un contrat d’objectifs et de moyens sera élaboré pour la période 2013-2015 ; il apportera des précisions sur les financements accordés par l’État, qui pourraient diminuer, crise oblige.

Quel nouveau patron?

L’autre chantier consistera à détricoter l’organigramme né du début de la fusion des rédactions. Difficile de dire si Anne-Marie Capomaccio et Jean-Karim Fall, nommés directrice des rédactions et directeur adjoint chargé de l’Afrique, réintégreront RFI.

Autant de points d’interrogation que devra gérer le nouveau patron de l’AEF. Parmi les candidats, Marie-Christine Saragosse, directrice générale de TV5 Monde, Olivier Poivre d’Arvor, qui dirige France Culture après avoir été responsable de Culturesfrance, et Jean-Paul Cluzel font figure de favoris. Ce dernier, bien qu’âgé de 65 ans, bénéficierait du soutien de David Kessler, conseiller média à l’Élysée. 

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