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Tunisie : Chedly Ayari nommé gouverneur de la Banque centrale

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L'Assemblée nationale constituante a nommé Chedly Ayari, ex-ministre de Bourguiba, à la tête de la Banque centrale de Tunisie par 97 voix pour et 89 contre. Portrait.

Pour son retour sur la scène publique, Chedly Ayari aurait pu rêver d’une situation plus apaisée. C’est dans un chaos indescriptible, le 19 juillet, à l’Assemblée constituante (ANC), qu’a été reporté le débat sur sa nomination au poste de gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT). Réunie le 24 juillet, l’ANC a toutefois validé sa nomination en fin d’après-midi par 97 voix pour et 89 contre. Ce ne fut pas sans difficultés. En cause notamment, son âge. À 78 ans, l’ancien ministre de Bourguiba (de1969 à 1975) et ancien président de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique n’a pas exercé de responsabilités majeures depuis plus d’un quart de siècle. « Moi-même, je me suis interrogé sur l’opportunité de sortir de ma retraite, mais les entretiens que j’ai eus avec Mustapha Ben Jaafar [président de la Constituante, NDLR] puis le chef du gouvernement, m’ont convaincu, confie-t-il à Jeune Afrique. Je n’envisage pas nécessairement d’effectuer le mandat de six ans prévu dans les statuts. »

Indépendance ?

L’agence de notation Moody’s vient de faire part de ses inquiétudes quant à la stabilité macro économique du pays.

Ayari devra faire oublier Mustapha Kamel Nabli,dont le limogeage a déclenché des protestations jusque dans la majorité. Ferjani Doghmane (Ennahdha),président de la commission des finances de la Constituante, avait prévenu le gouvernement : « un changement à la tête de la Banque centrale serait mal vu. » Une crainte légitime. En coulisses, certains bailleurs de fonds évoquent le risque de voir l’institution se plier aux injonctions du pouvoir. Il y a quelques jours, l’agence de notation Moody’s a fait part de ses inquiétudes quant à la stabilité macro économique du pays.« L’indépendance de la BCT est évidemment incontournable », réagit Ayari, tout en précisant que sa politique sera en synergie avec les objectifs de la troïka.

Sa priorité devrait être de soulager le secteur bancaire en trouvant une solution au problème des créances toxiques. Si d’autres noms de gouverneurs potentiels circulaient encore à Tunis la semaine dernière – comme ceux de l’économiste Moncef Cheikhrouhou et du représentant du Fonds monétaire international en Mauritanie, Tijani Najeh–, Ayari avait reçu des soutiens, dont celui de Tarek Chérif, fondateur du nouveau mouvement patronal Conect.

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