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Sahara occidental : le syndrome malien

Miliciens islamistes du Mujao dans le nord-Mali, en juillet. © AFP

Les liens entre indépendantistes sahraouis et islamistes du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'ouest (Mujao) est un sujet d'inquiètude pour les acteurs locaux.  Et, bien-sûr, pour les autorités marocaines et algériennes.

La décision du gouvernement espagnol, le 29 juillet, d’évacuer tous ses ressortissants du Mali pour cause de « risques sérieux de nouvelles prises d’otages » vaut également pour les humanitaires de différentes ONG travaillant dans les camps du Front Polisario de la région de Tindouf. Dès le 28 juillet, une douzaine d’entre eux, ainsi que deux Français et un Italien, ont été transférés à Madrid avec l’aide de la Mission des Nations unies au Sahara occidental (Minurso). Illustrée par l’enlèvement en plein camp de trois caritatifs européens en octobre 2011 – ils ont été libérés neuf mois plus tard contre rançon -, la porosité entre les indépendantistes sahraouis et les islamistes du Mujao, très actifs dans le Nord-Mali, est un vrai sujet de préoccupation.

Plusieurs dizaines de jeunes venus des camps de la hamada (plateau) de Tindouf ont, ces dernières semaines, rejoint ce mouvement qui ne manque pas de moyens financiers et dont le porte-parole, Abou Walid Sahraoui, est lui-même un ancien du Front. Une hémorragie qui n’est pas sans provoquer des tensions au sein même de la direction du Polisario, comme le démontre la récente démission de Haj Ahmed Barikal-la, ministre de la Coopération de la RASD, qui dénonce des détournements présumés de l’aide internationale – en particulier espagnole. Conscientes du risque de « criminalisation » qui guette une partie des jeunes réfugiés sahraouis, les autorités algériennes ont renforcé les patrouilles et les points de contrôle autour des camps.

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