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Sénégal : Moustapha Niasse, enfin président !

Le leader de l'Alliance des Forces de progrès bénéficiait du soutien de Macky Sall. © Youri Lenquette pour JA.

Trois fois battu à la présidentielle, l'ancien Premier ministre sénégalais, Moustapha Niasse, est depuis le 30 juillet à la tête de l'Assemblée nationale. Son obkectif : donner à cette institution toute son indépendance.

« Président ! » a titré un quotidien dakarois le 30 juillet, jour de l’accession de Moustapha Niasse au perchoir de l’Assemblée nationale. C’est un brin caustique, car, si ce baron de la vie politique sénégalaise rêvait d’arborer ce titre, c’est à une autre place qu’il se voyait.

Niasse, candidat malheureux à trois élections présidentielles, ne dirigera certainement jamais son pays. Il en a fait son deuil, à 72 ans, après sa défaite honorable en février dernier (troisième du premier tour avec 13,2 % des suffrages). Mais il a trouvé un joli lot de consolation. Ancien Premier ministre de Diouf puis de Wade (avant d’en devenir le principal opposant), plusieurs fois ministre des Affaires étrangères dans les années 1980 et 1990, le voilà président de l’Assemblée nationale. « Un poste qui lui convient, estime un proche du président Macky Sall. Niasse est un homme de dialogue, c’est aussi un homme d’État. »

Tâche ardue

Sa tâche s’annonce aussi ardue que passionnante. Certes, il a été élu avec 126 voix, son unique concurrent n’en récoltant que 17. Mais ce n’est pas sans mal qu’il a été choisi. « Il nous a été imposé par Macky, explique un cadre de l’Alliance pour la République (APR), le parti de Sall. Certains n’ont pas accepté, ils estimaient que ce poste devait revenir à l’un d’entre nous. » Niasse devra préserver la coalition Benno Bokk Yakaar, formée entre les deux tours de la présidentielle pour soutenir Macky Sall et qui a remporté les législatives avec 119 sièges sur 150. Outre l’APR, on y trouve notamment son mouvement, l’Alliance des forces de progrès (AFP), et le Parti socialiste (PS).

Il devra surtout donner à l’Assemblée, longtemps inféodée à l’exécutif, ses lettres de noblesse. « Il est temps qu’elle gagne en indépendance, estime un proche de Niasse. L’époque des députés aux ordres est finie. » C’est aussi le voeu de Sall, qui a appelé à « une rupture ». Pas fou, le tombeur de Wade a tout de même pris soin de rappeler qu’une majorité se devait d’être « loyale » à l’égard du gouvernement. À Niasse de veiller au grain. 

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