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Marc Gbaffou : l’Afrique du Sud, c’est « une multitude d’opportunités pour l’expatrié »

Marc Gbaffou, un Ivoirien de 39 ans, dirige l'association African Diaspora Forum. © Marc Shoul pour J.A.

Marc Gbaffou, un Ivoirien de 39 ans, vit à Johannesburg depuis 1997. Il dirige l'association African Diaspora Forum, créée en 2008 après des violences contre les immigrés subsahariens.

Jeune Afrique : L’Afrique du Sud est-elle un eldorado pour les Subsahariens ?

Marc Gbaffou : L’immigré sans formation qui fuit les problèmes chez lui ne trouvera pas un eldorado. En revanche, l’expatrié diplômé trouvera un pays émergent, plein d’opportunités.

Pourquoi êtes-vous venu ici ?

Pour échapper aux problèmes politiques en Côte d’Ivoire. J’étais étudiant en deuxième année de chimie à l’université d’Abobo-Adjamé. Je voulais continuer mes études, et l’Afrique du Sud m’en a donné la possibilité.

Avez-vous été victime de discrimination xénophobe ?

Pas personnellement. Je maîtrise l’anglais et je suis beaucoup plus qualifié que mes collègues sud-africains. Ils ne peuvent donc prétendre que j’ai pris le travail de l’un de leurs compatriotes. Mais d’une façon générale, les Sud-Africains pauvres pensent qu’après une si longue lutte contre l’apartheid le temps est venu de jouir de leur liberté et de la richesse du pays. Les immigrés sont donc une entrave : ils prennent le travail des nationaux, cassent les prix, se marient avec les Sud-Africaines… Les politiciens locaux ne font rien pour endiguer cette xénophobie.

Qu’a fait le gouvernement après les émeutes de 2008 ?

Rien ou très peu. À l’extérieur, le gouvernement se dit désolé, mais ici, il n’aborde jamais le sujet. Notre association vient de participer à un sommet national sur la cohésion sociale : la xénophobie n’a quasiment pas été évoquée ! Le dernier rapport du HCR [Haut-Commissariat pour les réfugiés, NDLR] fait état d’attaques quotidiennes dans tout le pays : commerces brûlés, habitants chassés de leurs maisons… Et dans la perspective de son congrès en décembre, l’ANC [Congrès national africain] envisage des mesures franchement xénophobes : réduction de la période de validité des permis de séjour, surveillance des demandeurs d’asile, ­interdiction faite aux étrangers ­d’acheter ou de gérer des petits commerces…

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