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Chine : sexymandarin.com vous donne des cours de langue

Écrit par Sébastien Le Belzic, à Pékin

Une page du site sexymandarin.com © DR

Pour apprendre la langue de Confucius aux étrangers, une école sur internet use de méthodes bien peu orthodoxes. Bienvenue dans le drôle de monde de sexymandarin.com !

Pour séduire les étudiants désireux d’apprendre le mandarin, sexymandarin.com, un site internet géré par un Japonais et un Allemand, a eu une étrange idée : recruter une dizaine de « professeures » aux mensurations avantageuses. Elles sont généralement taïwanaises, exercent la profession de mannequin et se prénomment, nous dit-on, Lily, Sandra ou Tiffany. La page d’accueil de sexymandarin.com les présente dans des tenues fort légères. « Une expérience stimulante, explique Kaoru Kikuchi, l’un des concepteurs du site. Le mandarin est une langue incroyablement difficile. Il y a très peu de livres disponibles et ils sont terriblement ennuyeux. »

Ce n’est certes pas le cas de son site. Pour apprendre à commander son repas dans un restaurant, le mandarin sexy offre par exemple un gros plan sur les lèvres maquillées de « Lily ». Et ce sont deux jolies femmes vêtues de lingerie fine qui initient les étudiants à la manière de dire l’heure. Dix mille d’entre eux ont déjà adopté cette méthode très spéciale.

Rien à voir, on l’imagine, avec celle des instituts Confucius. Lancés en 2004, ces équivalents chinois des Alliances françaises sont aujourd’hui au nombre de 350 à travers le monde et ont le quasi-monopole de l’enseignement du mandarin. Mais une langue parlée par 1 milliard et demi de locuteurs et étudiée par 40 millions d’étrangers attire forcément les petits malins. « Moi aussi, j’aurais bien aimé apprendre le mandarin en regardant des vidéos sexy plutôt que dans des livres remplis de centaines de caractères », plaisante le concepteur.

Image choquante

L’initiative n’est pas du goût de tout le monde. « Cette façon de jouer avec l’image exotique des femmes chinoises est très choquante », commente Annie Chan, présidente de l’association féministe de Hong Kong. Très, très remonté, l’éditorialiste du Global Times, un quotidien nationaliste de Pékin, dénonce pour sa part ce site « pornographique » qui, sous prétexte « d’apprendre le mandarin aux Japonais », donne de la Chine « une image détestable ».

La controverse amuse Kaoru Kikuchi, qui travaille déjà sur une version en Français. « Il y a de plus en plus de jeunes qui veulent tenter leur chance en Chine, c’est à eux que nous nous adressons », assure le jeune homme.

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