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Histoire : les Algériens du bidonville de Nanterre, ou la Folie en exil

La Folie était bidonville le plus vaste et le plus insalubre de Nanterre. © Actes Sud BD

À la manière de Joe Sacco, Laurent Maffre raconte le quotidien rude, mais non sans espoir, des Algériens du bidonville de Nanterre.

C’est une histoire poignante et dure, une histoire du quotidien au début des années 1960, en France. Le lieu où elle se déroule a son importance : la Folie. Plus précisément, le bidonville le plus vaste et le plus insalubre de Nanterre, s’étendant sur 24 ha aux portes de Paris. 1 500 ouvriers « célibataires » et quelque 300 familles, pour la plupart algériens, y résident dans des conditions très pénibles, sans eau courante ni électricité. Les terrains sont ceux de l’Établissement public pour l’aménagement de la Défense (le fameux Epad)…

Avec un trait vif et saisissant d’efficacité, Laurent Maffre raconte la vie au jour le jour des habitants de ce lieu qui ne dispose que d’une seule adresse administrative, le 127, rue de la Garenne, et que d’un seul point d’eau. Un peu à la manière d’un Joe Sacco, Maffre déambule en reporter au regard aigu entre les baraques de tôle et donne un visage à l’Histoire. Kader, Samia, Ali, Soraya, monsieur Raymond, Ahmed survivent là avec la nostalgie du pays, la menace du feu, les inconvénients de la boue et des fuites d’eau, le poids des démarches administratives dans l’attente d’un petit mieux – un logement en HLM par exemple. Et même lors des tragiques événements du 17 octobre 1961, la solidarité, l’amour, l’amitié offrent en ces lieux sordides d’intenses lueurs d’espoir. Sensible, graphiquement irréprochable, en pleine résonance avec l’actualité, Demain, demain est sans doute l’une des meilleures bandes dessinées sorties cette année sur l’histoire tourmentée de la France et de l’Algérie. 

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