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Curiosity : bons baisers de Mars

Première image en couleur transmise le 7 août par Curiosity, remise en contexte par ordinateur. © Reuters/Nasa Courtesy/Handout

Après huit mois de voyage, le robot Curiosity s'est posé sur Mars, planète de tous les fantasmes. Un beau succès pour les Américains, qui distancent leurs concurrents chinois.

En observant la scène de liesse qui se déroulait à Pasadena, en Californie, le 6 août, on aurait pu croire que la demi-douzaine de personnes présentes au laboratoire de propulsion de la Nasa célébrait une énième médaille d’or américaine aux Jeux olympiques de Londres. Pourtant, leur source de joie était située sur Mars, où, après huit mois de voyage et 567 millions de kilomètres parcourus, le robot Curiosity s’est posé sans encombre.

Leur bonheur était aussi à la hauteur de l’investissement colossal (2,5 milliards de dollars, soit 2 milliards d’euros) que le programme a nécessité, à un moment où l’agence spatiale américaine voit son budget fondre comme neige au soleil. Il ne fallait surtout pas rater l’arrivée sur la planète rouge, car l’enjeu est à la hauteur des sommes dépensées. Pour les États-Unis, il s’agit ni plus ni moins d’établir une nouvelle frontière, afin de rester la première puissance spatiale dans le monde.

Concurrence chinoise

Après avoir damé le pion aux Soviétiques dans les années 1960 en plantant leur drapeau sur le sol lunaire, les Américains cherchent aujourd’hui à montrer aux Chinois, leurs nouveaux concurrents dans le secteur, qu’ils ont une longueur d’avance et que leur puissance est incontestable au-delà de la Lune. Ils laissent la Chine à ses projets de base lunaire, préférant explorer Mars, cousine de la Terre, pour tenter de comprendre comment une planète devient vivable à un moment donné de son existence et pour évaluer la faisabilité, dans les années à venir, d’une mission habitée, dont le coût est évalué à quelque 200 milliards de dollars.

Une animation de la Nasa : la descente de Curiosity sur Mars.

Le succès de Curiosity est donc essentiel. De gros efforts de communication ont été déployés pour donner à l’événement une portée historique. C’est d’autant plus important que Mars fait des envieux. Le petit robot de la Nasa n’avait pas encore touché le sol martien que l’Inde annonçait, le 2 août, son intention d’y lancer une mission en 2013 sous la forme d’une sonde orbitale qui étudierait le climat et la géologie de la planète rouge. La joie des Américains pourrait être de courte durée. À moins qu’ils ne trouvent une autre frontière à explorer, encore plus éloignée de la Terre. 

Le premier panorama couleur envoyé par Curiosity :

Le rapport d’activité de la Nasa, daté du 10 août :

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