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Faire l’amour, c’est bon pour le cœur

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Le Pr Edmond Bertrand est Doyen honoraire de la faculté de médecine d’Abidjan, membre correspondant de l’Académie française de médecine. Il a exercé pendant trente ans en Afrique dans les centres ruraux, les hôpitaux régionaux et les CHU.

Après un accident cardiaque, la prise de Viagra est vivement déconseillée. © DR

Quelques règles sont à respecter après un infarctus pour éviter une récidive. Mais la reprise d'une activité sexuelle n'est pas contre-indiquée. Au contraire...

Plus de 90 % des personnes ayant subi un infarctus du myocarde survivent à cet accident cardiaque. Très bien même, mais une récidive est toujours possible. Pour l’éviter, il faut arrêter de fumer, modifier son alimentation, maigrir si besoin, éviter les sports intensifs… Mais qu’en est-il des relations sexuelles ? La réponse du médecin est rassurante, voire réjouissante : « Non seulement vous pouvez, mais vous devez. À condition de le souhaiter… et de pouvoir monter deux étages sans vous arrêter, à vitesse normale, sans être essoufflé, sans douleur dans la poitrine, sans malaise et sans ­arythmie des battements du coeur. » En effet, le coût énergétique d’un rapport sexuel est de cet ordre de grandeur. Le coeur, par exemple, passe de 70 battements par minute au repos à 120. Évidemment, quelques précautions sont nécessaires avant d’entamer cette rééducation postinfarctus !

Une abstinence de deux ou trois semaines après l’accident est préconisée, et l’avis du cardiologue est impératif avec une reprise de l’activité sexuelle. Il convient également de ne pas majorer la part émotionnelle, car cela peut modifier le fonctionnement cardiaque. Il vaut donc mieux éviter de changer de partenaire ou de lieu, ne pas rechercher la performance et renoncer aux mélanges tels que tabac-alcool. La prise de Viagra est également vivement déconseillée. Dans l’euphorie de la convalescence, n’oublions pas que 1,3 % des infarctus surviennent à l’occasion d’un rapport sexuel.

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