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Côte d’Ivoire : c’est (enfin) la rentrée !

Travaux de réfection de l'université d'Abidjan, fin juillet. © AFP

Après plus de un an de fermeture pour travaux, les universités accueillent de nouveau les étudiants depuis le 3 septembre. Une reprise sur fond de polémiques.

Les 88 217 étudiants ivoiriens reprennent le chemin des campus après la réouverture des universités publiques (Cocody, Abobo-Adjamé, Korhogo, Daloa et Bouaké) en cette rentrée 2012-2013. Mais celle-ci ne se passe pas dans la sérénité. Fin juillet, la décision unilatérale du conseil des présidents d’université de faire passer les frais d’inscription de 6 000 F CFA (9 euros) à 100 000 F CFA pour la licence, à 200 000 F CFA pour le master et à 300 000 F CFA pour le doctorat a provoqué la colère des étudiants et de leurs parents. Le chef de l’État, Alassane Ouattara, a finalement décidé de suspendre la hausse et proposé une aide de l’État à hauteur de 70 % uniquement pour la licence. À la rentrée, les étudiants concernés ne paieront que 30 000 F CFA (46 euros). Pour les autres, rien n’a encore été tranché.

Cissé Bacongo, le ministre de l’Enseignement supérieur, a aussi choisi de faire la chasse aux étudiants « carriéristes » qui ont passé plus de dix ans sur les campus grâce au « parapluie atomique ». Ce système permettait aux étudiants dès leur première année de licence de passer autant d’années qu’ils le voulaient dans les unités de formation et de recherche (UFR) sans décrocher le moindre diplôme. « Cette mesure est salutaire, car elle permet de ventiler les effectifs des universités », explique-t-on au ministère.

Par ailleurs, la chute de Laurent Gbagbo a décimé les rangs de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci), le puissant syndicat qui régnait sur les campus. Plusieurs de ses membres ont servi de supplétifs à l’armée ivoirienne pendant les combats dans la ville d’Abidjan. Aujourd’hui, le mouvement estudiantin se cherche, plusieurs de ses animateurs sont entrés dans la clandestinité ou se sont exilés au Ghana. « La rentrée de septembre sera apaisée et calme. Les universités vont reprendre des couleurs, à l’image du pays », promet Cissé Bacongo.

Le coût total des travaux devrait avoisiner les 105 milliards de F CFA.

Soupçons

C’est lui qui supervise la finition des travaux, dont le coût total devrait avoisiner les 105 milliards de F CFA. Le chantier a été au coeur d’une polémique début août après le limogeage par le chef de l’État d’Adama Meïté, le directeur administratif et financier en charge du patrimoine universitaire au ministère de l’Enseignement supérieur. Des dysfonctionnements ont été observés au moment des travaux et une enquête a été ouverte. Estimée initialement à 47 milliards de F CFA, la facture a vite gonflé.

Le scandale est né de la commande de travaux complémentaires pour 42 milliards de F CFA alors qu’Alassane Ouattara les avait validés pour 30 milliards. « Il ne s’agit ni d’une surfacturation ni d’un détournement. Au départ, 600 bâtiments devaient être réhabilités. Au fur et à mesure de l’exécution des travaux, nous avons demandé à étendre la rénovation à 1 600 bâtiments. Le président a validé cette dernière », explique une source proche du Bureau national d’études techniques et de développement (BNETD), la structure d’État qui est en charge du contrôle des travaux.

En attendant de pouvoir faire toute la lumière sur cette affaire, les travaux se poursuivent sur les différents sites et devraient être livrés à la date convenue. 

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